Don Quichotte: le camp des remontés

LOGEMENT Augustin Legrand lance ce vendredi une mobilisation nationale...

Laure de Charette

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Augustin Legrand, fondateur des Enfants de Don Quichotte
Augustin Legrand, fondateur des Enfants de Don Quichotte — Serge Pouzet/20 Minutes

Ils remettent ça, mais l'affaire n'est pas dans le sac. Les Enfants de Don Quichotte espèrent voir fleurir aujourd'hui des tentes rouges ou bleues sur les places centrales d'une dizaine de villes en France pour dénoncer le mal-logement. A Paris, ils comptent débarquer à 18 h, place de la Concorde, au pied de la grande roue. Mais après l'échec de 2006 où les CRS les attendaient de pied ferme, ils ont cette fois une stratégie précise pour éviter de se faire déloger dans la foulée. Et s'ils sont quand même évacués, ils promettent d'aller dormir ce soir à la belle étoile dans les jardins de l'Elysée pour interpeller le président Sarkozy.

Cela fait deux mois qu'Augustin Legrand, le géant fondateur de l'association, et une poignée d'amis sillonnent le pays à bord d'un camion chargé de tentes pour créer un réseau en province et préparer l'action nationale lancée aujourd'hui. « On a semé plein de graines, la mobilisation va prendre », assure-t-il. Pas sûr. Sans doute à cause de la crise qui pousse au repli sur soi, les citoyens se sont peu investis lors de leur tour de France, les médias, très présents au premier campement le long du canal Saint-Martin, ont déjà donné, et les mécènes se font rares. Au point que les étapes de Nantes, Rennes et Lille ont dû être annulées, faute d'argent. « On a vraiment besoin de pognon pour acheter des couvertures, de la bouffe », confie Augustin Legrand, la veste et le jeans déchirés.

Cette fois, les Don Quichotte n'ont pas obtenu la participation des autres associations du collectif, né en 2007. Parviendront-ils, seuls, à obtenir le plan de relance massif qu'ils demandent en faveur du logement?