Augustin Legrand: «On est épuisés, sans argent, mais on a encore la rage»

INTERVIEW Le fondateur des enfants de Don Quichotte explique pourquoi il relance la mobilisation...

Recueilli par L. de C.

— 

Pourquoi cette nouvelle opération coup de poing ?

Il faut enfoncer l'épine du mal- logement dans le pied du gouvernement. Malheureusement, on doit à nouveau planter des tentes pour instaurer un rapport de force. Nicolas Sarkozy ne s'intéresse pas au logement parce qu'il n'est pas interpellé par les médias sur ce sujet, qui concerne pourtant des millions de gens.

Est-ce le seul moyen d'être entendu ?

Je ne sais même pas si ça va suffire pour obtenir de nouvelles négociations avec François Fillon ou Nicolas Sarkozy. On a aussi bossé comme des fous avec la Fondation Abbé-Pierre, le Secours catholique et des experts pour écrire des rapports, faire des diagnostics chiffrés.

Cela fait trois ans que vous plantez des tentes ici ou là. Vous ne vous en lassez pas ?

On a obtenu quelques mesures sur l'hébergement, plus 250 millions d'euros après le campement au pied de Notre-Dame. Et puis, on a cassé certains clichés en montrant que les mal-logés ne sont pas que des pochetrons, mais aussi des gens de la classe moyenne. On est épuisés, sans argent, c'est vrai. Mais on a encore la rage. Trop de promesses ont été faites.