L'enseignement supérieur ne réussit pas à mobiliser

MANIFESTATION Professeurs et étudiants défilaient dans les rues de France ce jeudi après-midi pour protester contre la politique du gouvernement. Le cœur y était, mais pas la foule...

R.G avec agence

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Ils étaient 1300 selon la police, 5000 selon les organisateurs, à défiler ce jeudi 14 mai dans les rues de Paris contre la LRU et la réforme du statut de l'enseignant-chercheur.
Ils étaient 1300 selon la police, 5000 selon les organisateurs, à défiler ce jeudi 14 mai dans les rues de Paris contre la LRU et la réforme du statut de l'enseignant-chercheur. — REUTERS/Gonzalo Fuentes

Une mobilisation qui n'a pas mobilisé, serait-on tenté de dire au regard des défilés qui ont réuni professeurs et étudiants dans l'hexagone ce jeudi. A Paris, seulement 1.300 personnes selon la police, 5.000 selon les organisateurs, ont manifesté pour dénoncer le comportement «irresponsable» du gouvernement dans l'enseignement supérieur. Le mouvement n'a pas été plus suivi en province, où les groupes de mécontents oscillaient entre 100 et 300 personnes à Lyon, Marseille et Toulouse. Caen a fait un peu mieux avec ses 500 étudiants venus défiler contre la LRU, mais avec quelques autres irréductibles, son campus fait figure de dernier bastion gréviste. A l'exception de Paris, où les manifestants ont fait chambre à part, la grande majorité des défilés ont rejoint le mouvement des personnels hospitaliers mobilisés contre la réforme de l'hôpital public.

«Manipulation radicale des statistiques»

«Ce n'est pas en comptant le nombre de manifestants que le gouvernement pourra se rassurer» prévient le secrétaire général du syndicat enseignant Snesup, Stéphane Tassel pour lequel «la reprise des cours se fait, mais dans un contexte de lutte.» Le collectif Sauvons l'Université était lui aussi dans la rue ce jeudi après-midi. Jean-Louis Fournel, son porte-parole, dénonce une «manipulation radicale des statistiques» par le gouvernement sur les vœux d'inscription des lycéens. Le ministère de l'Enseignement supérieur a récemment fait état de 25% de baisse de voeux entre 2008 et 2009 pour Paris IV et de 50% pour ParisVIII. Le ministère ne précisait toutefois pas comment ces pourcentages ont été obtenus. Les universités concernées avaient immédiatement démenti les chiffres de l'équipe de Xavier Darcos. Les chiffres du jour ne sont pas plus réjouissants. Le mouvement anti LRU continue, mais semble vivre ses derniers instants.