Leurs petites auto-entreprises ne connaissent pas la crise

TEMOIGNAGES Ils ont tenté l'aventure, ils racontent pourquoi, et comment...

Catherine Fournier et Julien Ménielle

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Frédéric Bouchereau, auto-entrepreneur sur l'île de Nantes, a mis en place un service de livraison de produits bio par triporteur.
Frédéric Bouchereau, auto-entrepreneur sur l'île de Nantes, a mis en place un service de livraison de produits bio par triporteur. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES
Hamdi Houass, 35 ans, vendeur de meubles, Paris: «Un test avant le grand saut»
«Au chômage après un licenciement économique, je voulais créer une véritable société. Mais je n'ai pas voulu prendre trop de risques en cette période de crise, mon projet n'étant pas encore assez solide. J'ai donc opté pour le statut d'auto-entrepreneur, beaucoup plus simple et plus souple. Par contre, je ne peux vendre qu'aux particuliers et ce n'est pas toujours facile de rentrer en contact avec eux. Je passe donc par le biais de sites d'échanges marchands comme ebay. Ça me permet de tester mes produits et même de les diversifier. Maintenant je vends même des vêtements, des produits esthétiques... Pour l'instant, mon chiffre d'affaires n'est pas très élevé. Je me donne donc quelques mois. Si je parviens à générer un salaire, je me lance et je crée mon entreprise. Sinon, je garderai cette activité en parallèle d'un nouvel emploi.»

Geneviève Lefebvre, 50 ans, couture-retouche-confection, Nord: «Ma situation me convient parfaitement»
«J'ai fait tout un tas de petits métiers, de secrétaire à chanteuse et guitariste. Après des ennuis de santé, il a fallu que je travaille à domicile. Je suis donc auto-entrepreneuse depuis le 20 janvier 2009, ce qui me permet de travailler à mon rythme. Ma situation me convient parfaitement, et je ne compte pas développer mon activité davantage. Administrativement, c'est très simple, il suffit de noter ses dépense et ses recettes au jour le jour. Le seul inconvénient, c'est que la déclaration des revenus ne sera ouverte en ligne qu'à partir de juillet, j'aurai alors presque six mois à rattraper.»

Frédéric Bouchereau, 32 ans, livreur de produits bio, Nantes: «Je parviens à gagner ma vie»
«Ancien conducteur de vélo-taxi et ex-livreur de colis, j'ai voulu lancer ma propre activité. J'ai repéré un supermarché de produits bio et je me suis dit que cela pouvait intéresser les clients d'être livrés chez eux de façon écologique. J'ai donc investi dans un triporteur à assistance électrique et j'ai passé un contrat avec le supermarché: en échange d'une pub affichée sur mon triporteur, je perçois une rémunération fixe. Je touche également un pourcentage sur les produits livrés ainsi que cinq euros pour chaque livraison de la part des clients. Avec tout ça, je parviens à gagner ma vie. Je perçois environ les trois quarts d'un smic pour un trois quart temps. Par contre, il faut être carré dans sa comptabilité car on peut être contrôlé à tout moment.»

Damien Guillaumond, 34 ans, loueur de marque, Paris: «Un complément à mon activité de chef d'entreprise»
«Il y a un an, j'ai créé une SARL qui vend des produits d'entretien pour voitures. Je suis gérant et actionnaire et j'ai deux salariés. Mais je ne me rémunère toujours pas. Plutôt que de devenir salarié, mon expert-comptable m'a conseillé d'opter pour le statut d'auto-entrepreneur: je loue à ma SARL la marque que j'avais déposé à mon nom pour cette même SARL. Autrement dit, j'ai passé un contrat avec moi-même! Au titre de la propriété intellectuelle, je perçois 10% du chiffre d'affaires. C'est plus intéressant car j'ai très peu de charges, alors qu'un salaire aurait coûté davantage à ma société. Cela me permet de garantir l'avenir de mon entreprise.»

Matthieu Breton, 22 ans, blogueur, Ile de France: «Je vais pouvoir expérimenter»

«Je suis étudiant en webmarketing et je finalise actuellement mon projet d'auto-entreprise. L'idée serait de déclarer une activité -blogueur en l'occurrence- suffisamment vague pour ne pas avoir besoin d'en changer si elle s'élargit, mais je compte surtout faire du conseil en e-commerce. Ce qui me tente, c'est le statut, qui ne coûte rien, avec un risque quasi nul. Je vais pouvoir expérimenter, tout en finissant mes études. Je pourrai même rester auto-entrepreneur après, avec un CDD ou un CDI, avant de me lancer tout seul.