Les auto-entrepreneurs, des «sportifs de haut niveau» au succès critiqué

ECONOMIE Nicolas Sarkozy les a rencontré ce jeudi matin à l'Elysée. Mis en place en janvier 2009, ce nouveau statut a déjà séduit plus de 150.000 personnes, mais ne fait pas l'unanimité...

Maud Descamps

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En 2005, le taux de piratage des logiciels informatiques a augmenté de 2% en France, pour atteindre 47%, un taux bien supérieur aux 36% de la moyenne européenne, selon l'association des éditeurs de logiciels BSA (Business Software Alliance).
En 2005, le taux de piratage des logiciels informatiques a augmenté de 2% en France, pour atteindre 47%, un taux bien supérieur aux 36% de la moyenne européenne, selon l'association des éditeurs de logiciels BSA (Business Software Alliance). — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

Le chef de l'Etat a salué, ce jeudi, l'action des auto-entrepreneurs, capables de lancer leur propre activité malgré la crise économique, tout en assurant qu'ils ne constituaient «pas un péril» pour le secteur de l'artisanat. «Vous êtes tous des sportifs de haut niveau», leur a lancé le chef de l'Etat, qui les recevait à l'Elysée. «Si nous continuons sur le rythme actuel, c'est plus de 300.000 personnes qui lanceront leur propre activité (…) en 2009, malgré la crise que nous traversons», s'est-il félicité. Mais le développement des entrepreneurs individuels ne fait pas l'unanimité au sein de plus grosses entreprises. Petit tour d'horizon du fonctionnement de ce nouveau statut.
 
Le statut d'auto-entrepreneur: Il permet à tout particulier, qui ne veut pas nécessairement créer une société commerciale, d'exercer une nouvelle activité en parallèle de son activité principale. Il a été instauré par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008. Lors de son lancement, le 1er janvier 2009, le statut d'auto-entrepreneur avait été qualifié «d'arme anti-crise» par Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce.
 
Pour qui: Il s'adresse aux étudiants, salariés, fonctionnaires, demandeurs d'emploi ou retraités. Le statut n'est accessible qu'aux entreprises ayant un chiffre d'affaires maximum de 80.000 euros HT pour une activité de vente de marchandises, d'objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou une activité de fourniture de logement, et 32.000 euros HT pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC).
 
Le principe: Les charges sociales et fiscales sont calculées sur le chiffre d'affaires. En d'autres termes, si l'auto-entrepreneur ne fait pas de chiffre d'affaires, il n'a pas de charges sociale ou fiscale à payer. En outre, l'auto-entrepreneur bénéficie de formalités d'installation allégées (déclaration sur Internet), d'une exonération de la TVA pendant trois ans.

La démarche: Pour se lancer en tant qu'auto-entrepreneur, il suffit de s'inscrire en ligne sur le site officiel et de s'adresser au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) de sa région.

Les critiques: Certains corps de métier, notamment dans l'artisanat, dénoncent une concurrence déloyale en matière de charges fiscales et sociales, la perturbation des relations sociales aux seins de l'entreprise entre les salariés et les auto-entrepreneurs qui exercent une autre activité professionnelle en parallèle. Mais aussi une éventuelle dégradation de l'image d'un métier exercé par un auto-entrepreneur qui n'est pas forcément spécialiste dans le domaine.