Tous Les jeunes médecins ne sont pas prêts à baisser leur garde

Maud Noyon

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Avec la nouvelle génération, Bachelot a joué la provocation.

Pour la ministre de la Santé,

« il n'y avait pratiquement pas de jeunes médecins lors de la manifestation du 28 avril ». Pourtant, derrière la première rangée d'illustres praticiens, un brin guindés, il y avait des « jeans-baskets » à foison.

Jeunes médecins, internes, externes et étudiants défilaient contre la loi « Hôpital, patients santé et territoires » (HPST), qui agite depuis un mois le monde médical. Mais la petite phrase de la ministre pourrait être démentie aujourd'hui, de nouveaux cortèges devant fouler les chaussées de plusieurs villes.

Néanmoins, dans les hôpitaux, les étudiants se sont pour l'heure plutôt désintéressés de la loi Bachelot. Et si on « soutient » le mouvement, on n'ira pas forcément manifester. « Il y a des affiches dans le service, mais on n'en parle pas trop. Il y a du fatalisme et aussi le sentiment que c'est loin de nous », reconnaît Tiphaine, externe à Paris, où pourtant la profession est « hypermobilisée ». « Tellement de réformes se succèdent : il y a un sentiment de lassitude », explique Arnaud, 27 ans, en 8e année à Nancy. Pourtant, comme l'affirme l'interne, si les mesures coercitives pour ceux qui voudraient monter leur cabinet étaient réintroduites dans la loi , les jeunes pourraient se mobiliser en nombre. « Si on ajoute les contraintes du fonctionnariat aux inconvénients du libéral [charges, administratif], rien ne donne envie d'ouvrir un cabinet », explique Amélie, 31 ans. La jeune généraliste raconte que, sur sa promotion, une seule personne sur 60 s'est installée en cabinet, les autres préférant les remplacements, aux contraintes plus légères.

Du côté du Syndicat national des jeunes médecins généralistes, pour qui la réforme ne cherche pas à « booster les jeunes médecins », on réfléchit déjà à une action à la fin du mois. Histoire de prouver que la jeune garde veut soigner son avenir ? W