Surveillants de prisons: les deux principaux syndicats signent l'accord

CONFLIT Pour les convaincre, Rachida Dati a assuré qu'elle veillerait à ce que l'Administration pénitentiaire en applique le contenu à la lettre...

J.M. avec agence

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Des surveillants bloquent l'entrée de la prison de Fresnes, le 4 mai 2009.
Des surveillants bloquent l'entrée de la prison de Fresnes, le 4 mai 2009. — AFP/JACQUES DEMARTHON

Ils ont fini par signer. Les deux principaux syndicats pénitentiaires, l'Ufap-Unsa et FO-pénitentiaire, ont paraphé ce lundi, avec la garde des Sceaux Rachida Dati et le directeur de l'Administration pénitentiaire (AP), Claude d'Harcourt, le protocole d'accord mettant fin au conflit des surveillants de prison.

Plus tôt dans la journée Rachida Dati avait apaisé les dernières inquiétudes des deux syndicats, majoritaires, en assurant dans un communiqué que «la Chancellerie veillera à la mise en oeuvre scrupuleuse de l’intégralité des dispositions de ce protocole» conclu le 7 mai et qu'avaient décidé de signer l'Ufap et FO après une consultation des surveillants.

«Pas un chèque en blanc»

Le secrétaire général de FO, Christophe Marquès, s'était inquiété d'une possible «remise en cause» par le directeur de l'AP du contenu de l'accord. La ministre «a tranché en notre faveur», s'est réjoui le dirigeant syndical à son arrivée à la Chancellerie. Il a par ailleurs insisté sur le «malaise» existant avec la direction de l'AP sans pour autant demander le départ de Christophe d'Harcourt: «c'est à la ministre de décider».

«Ce n'est pas le sujet», a réagi de son côté son homologue de l'Ufap, Jean-François Forget, selon lequel l'accord signé n'est «pas un chèque en blanc». «Si jamais les emplois n'étaient pas au rendez-vous, on repartirait dans la mobilisation», a prévenu Christophe Marquès. L'accord prévoit 177 créations d'emploi, principalement en 2010.

Un accord qui «enterre les espoirs» de la profession

Le porte-parole de Rachida Dati, Guillaume Didier, a fait part de la «satisfaction» de cette dernière à l'issue de la signature. La garde des Sceaux «s'est engagée à ce que l'accord soit scrupuleusement appliqué sur le terrain dans l'intérêt des surveillants pénitentiaires».

Troisième syndicat chez les surveillants, la CGT-pénitentiaire a rejeté les termes de l'accord qui «enterre les espoirs» d'une profession confrontée à une surpopulation carcérale endémique. Le syndicat a symboliquement déposé une gerbe devant le ministère portant la mention «A notre regretté espoir». L'accord conclu le 7 mai, et approuvé le lendemain à «plus de 60%» des surveillants selon l'Ufap et FO, avait mis fin à quatre jours de blocage des prisons.