Non-lieu pour le député Didier Julia

JUSTICE Il avait mené une mission parallèle pour obtenir la libération des otages français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus en Irak...

Sa. C. avec agence

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"L'énergie que l'on met à durer, on ne la met pas à agir": faisant sien l'aphorisme de Nicolas Sarkozy, le maire UMP de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, part en franc tireur à l'assaut de la 2e circonscription de Seine-et-Marne contre l'inamovible sortant UMP Didier Julia.
"L'énergie que l'on met à durer, on ne la met pas à agir": faisant sien l'aphorisme de Nicolas Sarkozy, le maire UMP de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, part en franc tireur à l'assaut de la 2e circonscription de Seine-et-Marne contre l'inamovible sortant UMP Didier Julia. — Joël Saget AFP/Archives

La justice tourne la page du fiasco diplomatique de Didier Julia. En 2004, le député UMP et eux de ses collaborateurs avaient mené une mission parallèle pour obtenir la libération des otages français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus en Irak. Sans succès.

>> Didier Julia pro irakien?

Non-lieu

Les trois hommes étaient soupçonnés d'avoir mené une enquête parallèle sans mandat officiel et d'avoir dans ce cadre, mis en péril les négociations de la diplomatie française. Depuis, Julia a toujours affirmé avoir agi en liaison avec les autorités françaises. Les juges antiterroristes Marc Trevidic et Marie-Antoinette Houyvet lui ont donné raison. Ils ont estimé dans une ordonnance de non-lieu, rendue le 30 avril, que Didier Julia et ses deux collaborateurs, Philippe Brett et Philippe Evanno, avaient agi dans cette affaire en liaison avec les autorités françaises, repoussant ainsi le soupçon d'une initiative personnelle.

Didier Julia a notamment expliqué qu'il avait tenu «régulièrement informé le directeur de cabinet du président Chirac» de ses interventions. De son côté, Philippe Evanno a indiqué qu'«un membre de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure, services français de renseignement) était là pour les surveiller».

Coups de fil à l’Elysée

Selon le «Point», les juges ont pu étayer la version de Didier Julia par l'examen des appels téléphoniques, échangés avec le ministère de la Défense, de l'Intérieur et même avec l'Elysée.

Enfin, les magistrats soulignent qu'à plusieurs reprises durant leur équipée, les membres du groupe Julia ont disposé de l'appui des autorités françaises, qui auraient facilité pour eux l'obtention de visas, leur séjour à Damas (dans des chambres réservées par l'ambassade de France) et leurs déplacements (dans des véhicules du Quai d'Orsay et de la DGSE).

Les deux otages français, les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, avaient finalement été libérés le 21 décembre 2004 après quatre mois de captivité.