Accord sur le boeuf américain: Michel Barnier sera vigilant sur la sécurité alimentaire

COMMERCE Le ministre de l'Agriculture ne veut pas que les «concessions économiques» soient faites au détriment de la santé des européens...

J.M. avec agence

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La FNSEA, qui tiendra son 63ème congrès du 31 mars au 2 avril à Poitiers, va tenter de retrouver son unité, mise à mal après l'annonce d'un rééquilibrage des aides européennes, pour négocier au mieux la nouvelle politique agricole commune (PAC) qui s'appliquera en 2013.
La FNSEA, qui tiendra son 63ème congrès du 31 mars au 2 avril à Poitiers, va tenter de retrouver son unité, mise à mal après l'annonce d'un rééquilibrage des aides européennes, pour négocier au mieux la nouvelle politique agricole commune (PAC) qui s'appliquera en 2013. — Gérard Cerles AFP

Michel Barnier reste «attentif». Le ministre de l'Agriculture a annoncé ce jeudi qu'il gardera un œil sur les «conditions de mise en œuvre» de l'accord préliminaire signé la veille entre les Etats-Unis et l'Union européenne en vue de régler leur conflit sur le boeuf américain. Ce dernier, s'il réjouit les producteurs de Roquefort en incluant la levée des sanctions en vigueur, ne doit pas menacer la santé des Européens.

Pas de concessions

«L’accord que nous avons obtenu préserve le modèle et la sécurité alimentaire européenne, qui ne sont pas négociables», a déclaré Michel Barnier, cité dans un communiqué du ministère. Mais il ne doit pas conduire pas à l’avenir «à payer de concessions économiques le maintien en Europe du haut niveau d'exigences (...) en matière de normes de sécurité sanitaire», a-t-il insisté.

L'accord implique notamment que les Etats-Unis devraient renoncer au triplement des taxes douanières contre le roquefort qu'ils envisageaient depuis janvier. «Nous nous sommes mobilisés pour éviter ces sanctions injustifiées, qui visaient tout particulièrement le roquefort français», a souligné le ministre.

Les sénateurs américains en veulent plus

«Dans l’immédiat, les Etats-Unis acceptent de diminuer de 68% leurs sanctions» appliquées à de nombreux produits européens. «La moutarde ne sera plus taxée et la taxation sur le foie gras ne sera pas augmentée», a précisé le ministère. En échange, l'Union européenne autorise l'importation de quantités supplémentaires de viandes américaines sans hormones, pour 20.000 tonnes dans un premier temps, et 45.000 tonnes à l'issue d'une période de 3 ans.

Elle suspend également pour dix-huit mois la procédure contentieuse engagée à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les Etats-Unis pour faire reconnaître l'illégalité des sanctions subies. Outre Atlantique, on se montre déjà gourmand. «L'Union européenne devrait rouvrir son marché à tout le boeuf américain, qui est complètement sain», a déclaré le sénateur républicain de l'Iowa (centre) Chuck Grassley, évoquant les animaux traités aux hormones de croissance, toujours bannis.