Prisons: accueil mitigé pour le nouveau projet d'accord

CONFLIT Les syndicats sont partagés entre arrêt et poursuite de la mobilisation...

Avec agence

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Des surveillants bloquent l'entrée de la prison de Fresnes, le 4 mai 2009.
Des surveillants bloquent l'entrée de la prison de Fresnes, le 4 mai 2009. — AFP/JACQUES DEMARTHON

Il aura fallu sept heures de discussions pour aboutir à un projet d'accord. Mais le résultat ne fait pas l'unanimité. Le projet d'accord conclu dans la nuit de mercredi à jeudi entre la Chancellerie et les deux premiers syndicats de surveillants de prison a été diversement accueilli sur le terrain à la mi-journée, rendant incertaine la poursuite du blocage entamé lundi.

Jeudi au petit matin, après sept heures de négociations dont une partie en présence de la garde des Sceaux Rachida Dati, l'Ufap-Unsa et FO-pénitentiaire ont salué de «réelles avancées». La CGT-pénitentiaire, troisième organisation en voix, a en revanche claqué la porte, révélant une première brèche au sein de l'intersyndicale à l'origine de la mobilisation pour de meilleures conditions de travail dans les prisons surpeuplées.

On n'a pas décroché la lune

Le «relevé de conclusions» sur lequel se sont mis d'accord l'Ufap, FO et le ministère de la Justice prévoit la création de 174 emplois supplémentaires, qui s'ajoutent aux 177 promis dès février. Ces créations, 60 dès octobre et 114 fin 2010, bénéficieront principalement aux «plus petits» des 194 établissements pénitentiaires, qui obtiendront un quatrième agent pour la surveillance de nuit.

«On n'a pas décroché la Lune (...) mais ces avancées non négligeables méritent d'être appréciées par les personnels», a estimé Jean-François Forget, le leader de l'Ufap. Christophe Marquès, de FO, et Jean-François Forget ont demandé aux surveillants de suspendre les blocages le temps que la base se prononce sur le projet d'accord.

La CGT toujours mobilisée

La CGT, par la voix de Céline Verzeletti, a clairement souhaité «le maintien de la mobilisation». «On ne sait pas d'où tombent les 174 nouveaux emplois et de toute façon, ce n'est pas comme cela qu'on répondra au malaise», a déclaré la responsable cégétiste qui a prévenu les deux autres syndicats que «s'ils signent ce "relevé de conclusions", il n'y a plus d'entente».

Sur le terrain, la situation demeurait incertaine à la mi-journée. Le blocage a été suspendu dans la plupart des prisons de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, ainsi qu'à Strasbourg, Lille, Reims, aux Baumettes à Marseille, à Gradignan (Gironde), Corbas (Rhône), à Fleury-Mérogis (Essonne), Saint-Quentin-Fallavier (Isère), Meaux (Seine-et-Marne), ainsi qu'à Borgo (Haute-Corse). «Je pense qu'on se dirige vers la fin du mouvement», a prédit Alain Guillemet, responsable de l'Ufap-Unsa à Gradignan.

Mouvement maintenu dans certaines villes

La situation était plus confuse à Nice où le blocage a été levé jeudi matin, mais où l'assemblée générale a rejeté le projet d'accord, le personnel attendant les prochaines consignes syndicales. A Fresnes (Val-de-Marne), l'AG des surveillants a clairement jugé le projet d'accord «insuffisant» mais le blocage a été suspendu dans l'attente des décisions au niveau national.

Le mouvement a en revanche été maintenu à Dijon ainsi que dans plusieurs établissements de l'Ouest (Lorient, Angers, Argentan, Caen et Rennes). «174 postes, ce n'est même pas un surveillant par établissement!», a protesté Eric Lemoine, de la CGT à Rennes.