Le gouvernement hausse le ton face aux blocages d'universités qui persistent

EDUCATION Après Valérie Pécresse, François Fillon est monté au créneau mercredi soir...

Avec agence
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Le Mirail à Toulouse a été fermé dans sa totalité et "jusqu'à nouvel ordre" par son président Daniel Filâtre, après l'occupation des locaux administratifs lundi par une centaine d'étudiants qui ont causé de "graves incidents" (dégradations notamment), condamnés par la ministre Valérie Pécresse.
Le Mirail à Toulouse a été fermé dans sa totalité et "jusqu'à nouvel ordre" par son président Daniel Filâtre, après l'occupation des locaux administratifs lundi par une centaine d'étudiants qui ont causé de "graves incidents" (dégradations notamment), condamnés par la ministre Valérie Pécresse. — Eric Cabanis AFP/Archives

Après Valérie Pécresse, François Fillon a fustigé mercredi soir la «minorité» d'étudiants qui bloquent certaines universités, l'accusant de «gâcher l'avenir de la majorité».


«Nous n'accepterons pas que les diplômes soient bradés. Chaque fois qu'un président d'université nous demandera de rétablir l'ordre, nous y répondrons», a ajouté le Premier ministre à l'occasion d'une réunion de nouveaux adhérents de l'UMP, pour les deux ans de l'élection de Nicolas Sarkozy.


Examens incertains dans une dizaine d'universités


Mercredi, le mouvement universitaire continuait à perturber au moins une vingtaine d'établissements, mais ne paraîssait pas s'essouffler, de nouveaux blocages ayant eu lieu dans des universités, comme Grenoble-III ou Caen, selon les bureaux de l'AFP.


Dans une dizaine d'universités (1), la tenue des examens est incertaine et dans quelques-unes, la rétention des notes du premier semestre empêche certains étudiants de s'inscrire dans une autre université pour l'an prochain.


«Retenue sur salaire»


Du coup, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a rappelé mercredi à l'Assemblée nationale que les enseignants qui retiennent les notes, bloquent les rattrapages ou refusent de tenir les examens auront «une retenue sur salaires» pour «service non fait, conformément à la loi». 


La veille, le député UMP Damien Meslot, avait annoncé le dépôt d'une proposition de loi pour «sanctionner de 1.000 euros» d'amende tout étudiant ou toute personne extérieure à l'université qui «entrave, même partiellement, l'accès aux enseignements et aux bâtiments». Et ce, même si des sanctions de ce type sont déjà prévues dans le Code de l'éducation.


A Grenoble-III, la présidence, qui avait déjà reporté à juin la première session d'examens initialement prévue en mai, a décidé de consulter lundi prochain les personnels et étudiants pour savoir s'ils souhaitent la tenue d'examens en juin et en septembre ou bien neutraliser le semestre.


Examens en juin ou en septembre à Caen


A Caen, les quatre principaux bâtiments du campus 1 (sciences, lettres, droit, inscriptions) étaient aussi bloqués ce mercredi matin, après une AG mardi qui a donné 1.210 voix pour le blocage, 503 pour une reprise partielle des cours et 793 pour une reprise totale. La présidence espère cependant, à condition d'un déblocage rapide, que les cours puissent avoir lieu d'ici fin juin pour des examens en juin ou septembre.


A Paris-III, une AG ce mercredi a voté la grève et le blocage jusqu'à mardi prochain.


Dans le Sud-Est, deux sites de l'université de Provence Aix-Marseille-I, Saint-Charles (sciences), à Marseille, et Schumann (lettres), à Aix-en-Provence, ainsi que l'université du Sud Toulon-Var étaient bloqués ce mercredi, conformément à des votes en AG les jours précédents. A Toulon, le président a averti qu'il demanderait l'intervention des forces de l'ordre.


(1) Aix-Marseille-I, Bordeaux-III, Lille-III, Orléans, Paris-III, IV, VIII et XII et Toulouse-II.