Continental: La direction dit avoir fait une offre «très avantageuse» à MAG

SOCIAL Des ouvriers de Clairoix se sont introduits dans l'usine de Sarreguemines mercredi...

MD (Avec agence)
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Plusieurs centaines de salariés des usines Continental de Clairoix (Oise) et Sarreguemines (Moselle) ont manifesté mardi avant que le tribunal de Sarreguemines examine la validité de la fermeture de leur usine, a constaté un journaliste de l'AFP.
Plusieurs centaines de salariés des usines Continental de Clairoix (Oise) et Sarreguemines (Moselle) ont manifesté mardi avant que le tribunal de Sarreguemines examine la validité de la fermeture de leur usine, a constaté un journaliste de l'AFP. — Kai-Uwe Knoth AFP/DDP/Archives

La direction de Continental dit «avoir posé les bases d'une offre très avantageuse» au groupe MAG, basé à Dubaï, pour une éventuelle reprise de l'usine de Clairoix, en proposant notamment un soutien technique pendant au moins dix ans.

Mais les ouvriers restent sceptiques. Ils ont décidé mercredi de poursuivre leur occupation du site Continental de Sarreguemines, considérant que la date du 27 mai proposée par la direction du groupe pour une réunion tripartite Etat-direction allemande-syndicat «n'était pas acceptable». La direction allemande de Continental a annoncé qu'elle allait rencontrer les syndicats de Clairoix le 12 mai à Hanovre, a annoncé mercredi la sous-préfète de Forbach en Moselle, Sylvie Houspic sur le site de Sarreguemines occupé depuis la fin de matinée par les Conti.

Entre 200 et 300 ouvriers

Mercredi, après avoir fait sauter les verrous de la grille d'entrée, les Conti ont pénétré sur le site de Sarreguemines aux cris de «On est chez nous» et «Continental Solidarité», avant de se rassembler devant les bâtiments de production où ils ont été rejoints par certains des 1.100 salariés de l'usine mosellane. Un important dispositif de police a été déployé à proximité de l'usine, mais également devant la sous-préfecture et le tribunal de grande instance de la ville.

En chemin pour l'Allemagne

Partis mercredi vers 06h30 de Clairoix dans une soixantaine de voitures, les Conti devaient initialement se rendre à Aix-la-Chapelle (Allemagne) pour manifester avec les syndicats allemands du groupe, mais cette manifestation a été annulée à l'initiative des Allemands, selon des manifestants. Ils ont alors décidé de se rendre à Sarreguemines en Moselle, siège de la filiale française du groupe, pour «rencontrer leurs camarades lorrains», selon les syndicats. Certains d'entre eux, équipés de sacs de couchage et de matériel de camping, envisageaient de bloquer l'usine mosellane, ont laissé entendre les syndicats.

Le 21 avril, rendus furieux par une décision de justice qui les déboutaient de leur demande de suspension de la fermeture du site de Clairoix, prévue en 2010, les Conti avaient saccagé les bureaux de la sous-préfecture de Compiègne dans l'Oise. Les ouvriers ne croient pas aux intentions de reprise du groupe MAG. Pourtant la direction de Continental a annoncé qu'il poursuivait mercredi ses discussions avec le groupe de Dubaï MAG.

Des ouvriers sans espoir

«Aujourd'hui, nous proposons à MAG d'entrer en pourparlers dans le cadre d'une possible offre de reprise», a indiqué Nicolaï Setzer, directeur de la division de pneus de tourisme et camionnettes de Continental, cité dans un communiqué. «Continental poursuit ses discussions (mercredi matin) avec la direction de MAG», précise le groupe. MAG a confirmé le mois dernier être intéressé par l'usine de pneus de Clairoix, que Continental veut fermer d'ici 2010 et qui emploie environ 1.100 personnes.

Le président de MAG, Moafaq al-Gaddah, ainsi que son vice-président stratégie et finances, Fawaz Sabri, ont visité le site mardi. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu entre MAG et Continental, a précisé le groupe allemand. Continental est prêt à discuter de la «cession du site et l'intégralité de ses capacités de production, incluant son personnel, ses équipements et son savoir-faire». Mais les syndicats de Clairoix se sont dit eux «sans espoir» sur une reprise à l'issue de la visite des dirigeants de MAG.