Continental: MAG confirme son intérêt pour la reprise de Clairoix

SOCIAL Les dirigeants du groupe MAG, de Dubaï, ont rencontré Patrick Devedjian et Luc Chatel...

20 minutes.fr

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La CGT, FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC vont demander mardi au tribunal de grande instance (TGI) de Sarreguemines (Moselle) d'interdire à Continental de fermer son usine de Clairoix (Oise) avant la fin 2012, a indiqué l'avocat de ces syndicats, Me Ralph Blindauer, lundi à Metz.
La CGT, FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC vont demander mardi au tribunal de grande instance (TGI) de Sarreguemines (Moselle) d'interdire à Continental de fermer son usine de Clairoix (Oise) avant la fin 2012, a indiqué l'avocat de ces syndicats, Me Ralph Blindauer, lundi à Metz. — Francois Nascimbeni AFP/Archives

Ils ont confirmé leur intérêt pour l’usine Continental de Clairoix, mais rien n'est encore joué. Des représentants du groupe MAG, basé à Dubaï, ont été reçus lundi à Paris au niveau ministériel et à l'Elysée pour évoquer leur projet de reprise de l'usine de pneumatiques de l'équipementier.

Mettre les Allemands dans le jeu

MAG doit notamment «se rapprocher de la direction de Continental pour affiner leur projet et poursuivre les discussions». Les dirigeants de MAG ont également été reçus dans la matinée à l'Elysée par un conseiller, selon une source proche du dossier.

Désormais, «le gouvernement entend mettre les Allemands dans le jeu» pour tenter de lever le blocage de Continental qui empêche MAG de visiter l'usine et fait, selon cette même source, «de la contre-information» en affirmant que «ce n'est pas une proposition sérieuse» et que «l'usine ne vaut plus rien».

Les dirigeants de Continental frileux

«Dès qu'ils ont reçu la lettre de MAG, les dirigeants de Continental ont envoyé deux émissaires à Dubaï pour les convaincre de construire avec eux une usine à Koweït», toujours selon cette source, mais MAG, qui distribue des pneus et souhaite aujourd'hui les fabriquer, a décliné, souhaitant trouver une main d'oeuvre qualifiée.

«Je ne vois pas comment la direction accepterait de livrer ses murs et sa maind'oeuvre qualifiée à un repreneur», avait confié un délégué syndical à 20minutes.fr lors du déplacement des salariés à Hanovre, en Allemagne, le 24 avril dernier. «La fabrication des pneus demande de la recherche et du développement, je ne vois pas comment Continental accepterait de livrer ses secrets de fabrication», avait-il ajouté.

L'Etat jouera un rôle de facilitateur

Patrick Devedjian a, à plusieurs reprises, affirmé publiquement que la direction allemande de Continental cherchait à dissuader cet éventuel repreneur. Le président Nicolas Sarkozy a de son côté estimé il y a quelques jours la direction de Continental «particulièrement coupable» de la situation actuelle, assurant avoir été «beaucoup choqué» par leur attitude.

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a affirmé, de son côté, que «l'Etat jouera le rôle de facilitateur» dans les discussions. «Nous avons reçu avec Patrick Devedjian, les dirigeants du groupe MAG pour leur demander quelles étaient leurs intentions concernant le site Continental de Clairoix. Ils nous ont indiqué qu'ils étaient intéressés par la reprise de ce site», a indiqué Luc Chatel à la presse en marge de la réception par Nicolas Sarkozy des commissaires à la réindustrialisation.

Il s'agit «d'une affaire entre deux groupes industriels privés» mais «l'Etat jouera le rôle de facilitateur qu'il peut jouer puisque, sur tous ces dossiers de restructuration industrielle, le premier rôle de l'Etat (...) est de favoriser une reprise d'une activité qui peut être délaissée ou fermée par un groupe industriel», a-t-il ajouté.

Quels avantages pour les «investisseurs étrangers en France»?


«Nous sommes un candidat potentiel à la reprise.» Fawaz Sabri, numéro 2 du groupe MAG, de Dubaï, avait confirmé ce lundi matin sur Europe 1 son intérêt pour l'usine Continental de Clairoix, qu'il souhaite «bien sûr» conserver en France.

Dans l'optique de sa rencontre avec «les ministres français», Fawaz Sabri avait annoncé que la première question à traiter serait «celle des avantages offerts aux investisseurs étrangers en France». En échange desquels, «si on a un produit compétent, nous leur garantissons les marchés, la quantité de ventes», a-t-il assuré.

«D'après ce que nous avons pu comprendre, dans cette usine, il y a la main d'oeuvre la plus qualifiée parmi toutes les autres usines de Continental, alors ce serait dommage de perdre cet avantage, cet atout», a par ailleurs indiqué Fawaz Sabri en évoquant les «Conti».