Blocage des prisons: les syndicats appellent à «amplifier l'action»

PENITENTIAIRE A Fleury-Mérogis, Sequedin et Lyon Corbas, les gendarmes mobiles sont intervenus pour débloquer...

20 minutes.fr (avec agence) et nos éditions locales

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Un détenu, condamné à 15 ans de réclusion criminelle -- dont 10 ans de période de sûreté -- pour viol avec arme par la cour d'assises d'Eure-et-Loir, avait profité d'une consultation en salle de soins lundi vers 11h30 pour prendre en otage le psychologue, âgé d'une cinquantaine d'années.
Un détenu, condamné à 15 ans de réclusion criminelle -- dont 10 ans de période de sûreté -- pour viol avec arme par la cour d'assises d'Eure-et-Loir, avait profité d'une consultation en salle de soins lundi vers 11h30 pour prendre en otage le psychologue, âgé d'une cinquantaine d'années. — Miguel Medina AFP

Les syndicats de surveillants de prison ont appelé ce lundi, au premier jour d'un mouvement de «blocage progressif» des prisons, à «poursuivre et amplifier l'action», selon un communiqué.

Le  blocage a démarré ce lundi matin dans la plupart des 194 prisons françaises, selon Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap, premier syndicat de surveillants. L'Ufap-Unsa, FO-pénitentiaire et la CGT-pénitentiaire, réunies en entente syndicale, ont décidé cette mobilisation faute de pouvoir se mettre en grève, ce mode de protestation leur étant interdit. Sans transfèrement ni extraction, les procès où les accusés et les prévenus sont en détention provisoire ne pourront pas se tenir, ce qui pourrait très vite gripper la machine judiciaire. Et sans mise sous écrou, ce sont tous les nouveaux condamnés que la prison ne pourrait plus accueillir.

Du coup, les forces de l'ordre sont intervenues plusieurs fois pour débloquer la situation. 20minutes.fr fait le point.

Les CRS ont débloqué la prison de Sequedin (Nord) pour dégager les accès. Une centaine de salariés s'étaient regroupés et avaient allumé un feu.

Plus tôt ce matin, vers 7 heures, les gendarmes mobiles sont intervenus pour débloquer un premier barrage sur un route menant à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, la plus grande d'Europe avec 3.700 détenus pour 2.855 places, selon son directeur Paul Louchouarn. Après une bousculade avec plusieurs dizaine de surveillants, les forces de l'ordre ont utilisé du gaz lacrymogène avant d'enlever un première barricade faite de palettes en bois. Surveillants et gendarmes mobiles ont continué à s’affronter autour d'une seconde barricade constituée de la même façon, à une nuance près: elle était enflammée. Puis les gardiens ont tenté de bloquer la porte de la maison d'arrêt des hommes, avant d'être délogés par les forces de l'ordre qui ont là aussi utilisé du gaz lacrymogène, et ont ensuite bloqué la maison d'arrêt des femmes.

Peu après 8 heures, «des fourgons de la gendarmerie ont pu pénétrer dans l'établissement pour procéder à des extractions de détenus, sortant sous les huées des surveillants. Le mouvement a permis de retarder les extractions, a expliqué Marcel Duredon, secrétaire local FO, les yeux rougis et larmoyants.On va se regrouper et mettre en place un dispositif pour midi», a-t-il ajouté. «On n'est pas là pour se battre avec les forces de l'ordre. On est là pour défendre notre bifteck, notre profession». (>> Pour lire notre reportage, cliquez ici)

A Lyon, dès 6h30, une dizaine de surveillants étaient réunis devant la nouvelle maison d’arrêt de Lyon Corbas. Une vingtaine de collègues sont venus grossir les rangs et ont bloqué pendant trois heures les portes de l’établissement, parvenant à retarder de deux heures les extractions judicaires avant de se faire évacuer par les CRS.  

A Marseille, les surveillants menacent de bloquer complètement l'établissement pénitientaire des Baumettes.
Le mouvement devrait se poursuivre mardi. S'ils ne sont pas entendus, les syndicats prévoient même de bloquer complètement la prison mercredi et jeudi: les visites des familles, notamment, ne seraient plus possibles. (>> Pour lire notre reportage, cliquez ici)

Dix, le triste chiffre.- C'est le nombre de suicides de surveillants depuis le début de l'année. Le dernier en date, un gardien de la prison de Muret (Haute-Garonne) s'est tué chez lui vendredi soir. Deux des dix suicidés se sont donné la mort sur leur lieu de travail.