Prisons: vers un «blocage progressif»

CONTESTATION Les syndicats dénoncent les conditions de travail des surveillants...

Bastien Bonnefous

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Et maintenant, les matons. Les trois principaux syndicats de surveillants pénitentiaires entament ce matin une guerre des nerfs avec la Chancellerie, en lançant un « blocage progressif » des prisons pour protester contre leurs conditions de travail. A l'automne 2008, Rachida Dati avait évité un premier blocus en s'engageant sur des créations d'emplois « fermes ». Six mois plus tard, le compte n'y est pas pour les syndicats, qui dénoncent « un mal-être général ».

Ce matin, les surveillants en repos - ceux en activité n'ont pas le droit de grève - bloqueront les extractions de détenus, ajournant les procès où les accusés et les prévenus sont attendus. En revanche, les personnels médicaux auront accès aux établissements et les parloirs avec les familles seront maintenus. « Depuis deux ans, les conditions de travail se sont nettement dégradées. On nous ajoute en permanence de nouvelles missions pour être en conformité avec les règles européennes, mais sans les moyens afférents. Résultat, on passe nos journées à courir, à ouvrir ou fermer des grilles, c'est l'usine », explique une surveillante de la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne). Jeudi, Rachida Dati a reçu les syndicats, qui sont sortis encore plus remontés, estimant que « la ministre ne [les] entend pas ». La Chancellerie propose une nouvelle réunion, demain.