L'autopartage, la solution individuelle louée par les antivoiture

— 

Un véhicule en autopartage remplacerait entre quatre et huit voitures privées. Arrivé en France en 1999, le système d'automobile partagée semble sur la bonne voie : il comptait 10 000 abonnés en 2008, avec une augmentation de 57 % en un an. Pour Sébastien Rabuel, président de l'association La Voiture autrement, à Lyon, et fondateur d'Autolib', « le potentiel de l'autopartage est important, mais le système n'est pas connu. Il ne pourra se développer sans une action forte des élus, qui restent timides. »

Jean-Louis Touraine, 1er adjoint (PS) chargé des Déplacements à Lyon et président de Lyon Parc Auto (LPA), qui a repris Autolib' l'an passé, concède que « nous sommes loin du succès rencontré chez certains de nos voisins. En Allemagne, 70 000 personnes utilisent l'autopartage. » L'élu affiche ses ambitions : après avoir triplé le nombre d'abonnés en un an, il veut atteindre trois mille utilisateurs en 2010. LPA compte notamment sur la loi née du deuxième Grenelle de l'environnement pour étendre le service en voirie. « Les textes n'autorisent pas le stationnement des voitures de location sur des places réservées », indique le directeur de LPA, François Gindre.

A Paris, cinq opérateurs se répartissent le marché. Mais la concrétisation du projet Autolib' de Bertrand Delanoë pourrait faire passer le système de l'ère artisanale à l'ère industrielle, puisque l'on parle de 4 000 à 5 000 véhicules sur 1 400 stations, à Paris et en banlieue, à la fin 2010. « Ce projet est une fausse bonne idée, estime Sébastien Rabuel. A la différence de l'autopartage classique, il va offrir la possibilité de prendre et de déposer une voiture dans n'importe quelle station, à l'image du Vélib'. On va donc redonner une voiture à des gens qui s'en passaient très bien, et les coûts d'un tel dispositif sont très élevés. » Autre frein : les voitures électriques souhaitées par le maire de Paris ne seront sans doute pas prêtes avant 2011. W

Elisa Frisullo et M. B.