Grippe A: «Il ne faut pas aller aux urgences ni dans la salle d'attente de son médecin»

EPIDEMIE Mieux vaut appeler le 15 souligne la ministre de la Santé Roselyne Bachelot...

Avec agence

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Le texte santé de Roselyne Bachelot, dont l'examen-marathon a pris fin dans la nuit de mardi à mercredi à l'Assemblée, interdit la vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans tout en autorisant la pub pour l'alcool sur internet après une mobilisation du lobby viticole.
Le texte santé de Roselyne Bachelot, dont l'examen-marathon a pris fin dans la nuit de mardi à mercredi à l'Assemblée, interdit la vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans tout en autorisant la pub pour l'alcool sur internet après une mobilisation du lobby viticole. — Joel Saget AFP/Archives

Huit cas «probables» de grippe A (H1N1), dit porcine, tous importés du Mexique, sauf un de retour de Californie, et toujours deux confirmés, étaient comptabilisés ce dimanche à la mi-journée en France.

Cinq des cas probables se trouvaient en Ile-de-France, 1 en Aquitaine, 1 en Auvergne et 1 en PACA. Aucun ne présente de «forme grave». Samedi soir, le gouvernement avait fait savoir que les deux personnes infectées se portaient bien.

«Sérénité et vigilance»

«Pour l'instant les informations ne sont pas inquiétantes. Il faut rassurer la population», a affirmé le professeur Olivier Lortholary, chef de service de médecine infectieuse à l'hôpital Necker, l'un des cinq hôpitaux parisiens de référence pour la grippe A (H1N1).

Le pays continue néanmoins de se préparer à l'éventualité d'une pandémie. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est rendue dans la matinée à l'hôpital Necker puis au Samu de Paris, pour voir le dispositif mis en place.

«Le mot d'ordre, c'est sérénité et vigilance», a-t-elle martelé durant sa visite. «Ça n'est pas parce que les cas sont bénins qu'il ne faut pas être entièrement mobilisé face au risque. C'est une approche de santé publique», a-t-elle fait valoir.

«Le virus peut revenir à l'automne»

Et la mobilisation «va devoir durer longtemps car le virus peut s'endormir pendant l'été et revenir à l'automne», a-t-elle prévenu. Les autorités sanitaires ont en tête la grippe espagnole de 1918 qui fit davantage de morts que la Première Guerre mondiale. Or la première vague de cette pandémie s'est produite au printemps, mais la seconde, de retour de l'hémisphère Sud, en octobre-novembre, fut la plus meurtrière.

«Tout le système» est donc «prêt à monter en charge» en cas d'activation du virus à l'automne, a insisté le Pr Lortholary dont l'hôpital a par exemple déjà stocké 540.000 masques (chirurgicaux et FFP2).

Ne pas aller aux urgences ou chez son médecin

Au centre d'appel du Samu 75, les capacités téléphoniques ont été renforcées par l'Associaion des transmetteurs, des médecins retraités bénévoles dont 70 viennent de recevoir une formation spéciale grippe porcine.

En ce moment le Samu reçoit «30 à 50 appels par jour» concernant le nouveau virus, mais «un petit nombre seulement» sont considérés à risque: «Le gros de notre travail c'est de rassurer», a expliqué le professeur Pierre Carli, chef des Samu de Paris.

Le gouvernement va lancer mardi une campagne d'information pour rappeler les bons gestes: «Se laver les mains plusieurs fois par jour, tousser et éternuer dans un mouchoir en papier qu'on jette... et on ne va pas chez son médecin dans une salle d'attente, ni aux urgences: on appelle le 15!», a rappelé Roselyne Bachelot.

Une zone spéciale à Roissy pour les avions en provenance du Mexique

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a par ailleurs annoncé dimanche en début de soirée que les avions en provenance du Mexique arriveront à l'aéroport de Roissy «dans une zone dédiée» à partir de mardi, afin d'éviter les contacts avec les autres voyageurs pour réduire les risques de propagation du virus.

Il n'est pas prévu de généralisation de mesure de quarantaine à ce stade, a-t-elle précisé, à l'issue d'une réunion de la cellule interministérielle de crise sur la grippe porcine.

«A partir de mardi matin tous les vols en provenance du Mexique arriveront dans une zone dédiée (...) qui permettra des entrées et sorties sans rencontre avec les passagers des autres vols», a déclaré Michèle Alliot-Marie.

Ces vols arriveront dans une aérogare actuellement inutilisée, a précisé la ministre de l'Intérieur.