Les syndicats face à l'épreuve de la crise

SONDAGE Bien perçus par l'opinion publique, iols sont toutefois en manque de légitimité.

Delphine Bancaud

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Les syndicats se réunissent lundi pour tenter de s'entendre sur une mobilisation nationale, notamment le 1er mai, permettant d'atteindre le niveau de la journée d'action réussie du 19 mars, sous la pression d'une base exaspérée par les plans sociaux à répétition.
Les syndicats se réunissent lundi pour tenter de s'entendre sur une mobilisation nationale, notamment le 1er mai, permettant d'atteindre le niveau de la journée d'action réussie du 19 mars, sous la pression d'une base exaspérée par les plans sociaux à répétition. — Jacques Demarthon AFP/Archives

La crise les a remis sur le devant de la scène. Les syndicats ont-ils pour autant bonne presse auprès des Français? C’est ce qu’ont voulu savoir 20Minutes et France Info, grâce à un sondage réalisé par l’institut Obea-Infraforces.

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Premier constat: 60% de nos concitoyens auraient une bonne image des syndicats et seulement 14% feraient preuve d’hostilité à leur égard. Le climat économique morose et les tensions sociales grandissantes participent par ailleurs à les revaloriser, car, pour 80% des sondés, le rôle des syndicats apparaît comme encore plus nécessaire en temps de crise. Notamment pour sauvegarder les emplois et veiller au maintien des bonnes conditions de travail.

Manque de légitimité

Cela dit, l’efficacité des syndicats fait débat, car 54% des sondés estiment qu’ils ne font pas le poids contre le gouvernement et 44% pensent qu’ils ne sont pas capables d’instaurer un dialogue avec les chefs d’entreprise. Plus grave encore: 63,2% estiment qu’ils sont en perte de vitesse. Peut-être en raison du très faible taux de syndicalisation des Français (8%), le plus bas d’Europe? Les syndicats manquent aussi de légitimité aux yeux de nombreux Français. Une majorité des sondés s’accorde en effet à dire qu’ils ne sont pas suffisamment représentatifs pour négocier, que ce soit avec le patronat ou avec le gouvernement. Dans la même logique, seules 43% des personnes interrogées estiment que les syndicats peuvent parler au nom de tous les salariés.

Lorsqu’on interroge les Français sur les syndicats qui leur semblent les plus actifs face à la crise, ils citent sans surprise les organisations qui figurent dans le trio de tête des scrutins au niveau national (bien que la CFDT arrive généralement en deuxième position lors des élections professionnelles, alors qu’elle figure troisième du classement). Preuve que les grandes centrales continuent à garder la main ! Enfin, une majorité de Français (55%) soutient l’idée qu’un 1er mai unitaire est un moyen d’action plus fort. Car face à la crise, les Français semblent accorder bien peu d’importance aux clivages idéologiques opposant les différentes organisations. Seule la défense de leurs intérêts leur paraît primordiale et comme l’union fait la force...