La fermeture de l'exposition «Our Body» confirmée en appel

JUSTICE Le premier président de la cour d'appel, Jean-Claude Magendie, s'est appuyé sur le doute entourant l'origine des corps pour motiver sa décision...

MD (Avec agence)

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Plus de 25 millions de personnes ont déjà observé ces corps sans vie à travers le monde...


Conception : E. Drouard
Plus de 25 millions de personnes ont déjà observé ces corps sans vie à travers le monde... Conception : E. Drouard — REUTERS

Une exposition contraire à la décence. La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi l'interdiction de l'exposition anatomique «Our Body, à corps ouvert», qui présente à Paris des cadavres humains. Alors qu'en première instance le juge des référés avait motivé son interdiction par le manque de décence de l'exposition, le premier président de la cour d'appel, Jean-Claude Magendie, s'est appuyé sur le doute entourant l'origine des corps.

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Une décision inédite

«La société Encore Events (organisatrice de l'exposition, ndlr) ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'origine licite et non frauduleuse des corps litigieux et de l'existence de consentements autorisés», est-il indiqué dans la décision de la cour d'appel. Le 21 avril, le juge des référés du TGI de Paris, Louis-Marie Raingeard, avait ordonné la fermeture de l'exposition présentée à l'Espace 12 Madeleine. Une décision inédite. Déjà présentée à l'étranger, ainsi qu'à Lyon et à Marseille, la manifestation avait fermé ses portes le soir du 22 avril.

Le magistrat considérait d'une part que les cadavres avaient leur place au cimetière et d'autre part que la mise en scène des corps était contraire à la décence. Pascal Bernardin, le gérant de la société Encore Events, organisateur de la manifestation, avait interjeté appel. Lors de l'audience d'appel, le ministère public a implicitement demandé la confirmation de l'interdiction. Les avocats d'Encore Events, Hervé Témime et Jean-Marie Tomasi, se sont étonnés de l'interdiction. Ternte millions de personnes ont visité des expositions anatomiques en Occident «sans qu'à aucun moment, aucune justice du monde n'ait songé à en interdire l'accès à quiconque», ont-ils fait valoir.