épreuve de force ou baroud d'honneur ?

Laure de Charette

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La décision risque de faire frissonner plus d'un étudiant. La Coordination nationale des universités (CNU), réunie hier pour la neuvième fois à l'université Paris-IV, a appelé les enseignants-chercheurs et les personnels administratifs à « ne pas organiser la tenue des examens jusqu'à la satisfaction de ses revendications ». Ils demandent, entre autres, le retrait du décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le rétablissement des postes supprimés en 2009.

Cet appel a été voté par les représentants de 73 établissements. « C'est bien dommage d'en arriver là et ça fend le coeur d'avoir à voter une telle motion. Mais on en arrive à un point où on doit le faire », a déclaré hier soir Sarah Hatchuel, professeur d'anglais à l'université du Havre et l'une des porte-parole de la CNU. Avant d'ajouter : « La balle est dans le camp des deux ministres maintenant. » Seulement voilà, Xavier Darcos (Education) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur et Recherche) n'ont peut-être guère de soucis à se faire : la CNU serait, selon certaines sources, de moins en moins représentative. Elle ne serait plus composée que d'une frange radicale d'enseignants politisés.

Dès lors, la menace de voir boycottés le bac - un membre de l'université doit être présent au jury pour que l'examen puisse être validé - et les partiels du second semestre est limitée. « Nous sommes pour l'aménagement des calendriers des examens au cas par cas », martèle de son côté Jean-Baptiste Prévost de l'Unef, syndicat étudiant à gauche, farouchement opposé, « dans l'intérêt des étudiants », à l'option de l'annulation des examens.

Reste qu'il suffit parfois d'un petit groupe pour perturber, du moins localement, la sérénité des examens. « On n'a pas d'autre choix que de dégainer cet ultimatum, explique David, étudiant à Tours et ex-membre de la CNU. C'était prévisible. C'est une manière de dire qu'on est prêts à aller jusqu'au bout. » Encore faut-il qu'ils mettent leur menace à exécution. W