La France est-elle prête à affronter une épidémie de grippe porcine?

SANTE Vaccins, mesures de protection, médicaments, l'état des des stocks et des projets...

Julien Ménielle

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Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis.
Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis. — Ho New / REUTERS

La grippe porcine est à nos portes, et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) agite la menace d'une pandémie. Avant de céder à la psychose, il convient de se demander si les autorités sanitaires sont à même de faire face. 20minutes.fr fait le point.

Développer un vaccin
Le groupe pharmaceutique suisse Novartis a annoncé ce lundi avoir été contacté par l'OMS pour le développement d'un vaccin. «Nous sommes tous en contact avec l'OMS», précise Pascal Barollier, porte-parole du groupe Sanofi Pasteur, numéro un mondial des vaccins. Selon lui, entre le moment où un laboratoire recevra la souche du virus actuel et la délivrance des premières doses, il faudra compter quatre mois. Un délai qui peut sembler trop court pour effectuer tous les tests, quand on sait qu'en 1976, aux Etats-Unis, une campagne de vaccination contre la grippe porcine avait du être interrompue après l’apparition de cas de syndrôme de Guillain-Barré, une maladie inflammatoire touchant le système nerveux. «Les techniques ont beaucoup progressé, depuis», a assuré Pascal Barollier à 20minutes.fr. D'après lui, il s'agit aujourd'hui d'appliquer à la souche actuelle la méthode uilisée pour mettre au point les vaccins contre la grippe saisonnière.

Mettre en place des mesures de protection
En cas d'épidémie, les précautions à prendre seraient sensiblement les mêmes que pour la grippe aviaire. Ce qui fait dire au Pr Pierre Saliou, agrégé du Val de Grâce et président de la Société de pathologie exotique, que «la France a déjà beaucoup travaillé sur le sujet». Même s'il rappelle que «beaucoup d'interrogations subsistent sur la souche actuelle», il estime qu'il n'y aurait qu'à adapter le plan déjà établi et à le mettre en place. Des propos confirmé par Pascal Barollier, et qui vont dans le sens de ceux du directeur général de la Santé, Didier Houssin, qui annonçait dimanche qu'«on se prépare à un événement de cette ampleur depuis des années et nous avons établi un plan national de prévention et de lutte intitulé Pandémie grippale». En octobre dernier, cependant, le directeur de l'établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS), le Préfet Bernard Boubé, annonçait sa démission. Il estimait alors que «le plan antipandémie fonctionne, mais on aurait pu faire mieux» et évoquait des «blocages» ainsi qu'une «lourdeur administrative». Selon lui, par ailleurs, les stocks de produits de santé (masques, médicaments) étaient trop dispersés pour être gérés efficacement. Didier Raoult, chercheur à Marseille et auteur des «Nouvelles maladies infectieuses» (PUF) estime de son côté sur lemonde.fr que «la France est très en retard en ce qui concerne la lutte contre les infections respiratoires» et que «nous n'avons pas aujourd'hui les structures adéquates et nous connaissons mal les conditions de transmission».

Disposer de médicaments efficaces
Selon les experts, le Relenza produit par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) est efficace sur le virus H1N1. Mais aussi le Tamiflu, recommandé par l'OMS pour lutter contre la grippe aviaire. Le groupe pharmaceutique suisse Roche, qui le produit, s'est dit «prêt» ce lundi à en expédier 3 millions de doses dans le monde. L'OMS détient par ailleurs 2 millions de doses de cet antiviral, qui se présente sous forme de pilule, et qu'elle peut utiliser à tout moment, selon le laboratoire suisse. Soit 5 millions de doses permettant de soigner autant de personnes. En février 2007, 20 millions de médicaments (18 millions de Tamiflu et 2 millions de Relenza) étaient par ailleurs stockés en France en prévision d'une épidémie. Une réserve qui serait montée à 33 millions de traitements antiviraux disponibles.

>>> Mais au fait, la grippe porcine, c'est quoi? Pour le savoir, cliquez ici.


Les Français du Mexique ne sont pas oubliés
Le stock de médicaments et de masques de l'ambassade de France à Mexico a été renforcé pour couvrir les besoins éventuels des
quelque 27.000 résidents français.