Colère non réprimée face à la « réprimande » de Burgaud

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Pan, sur les doigts. La « réprimande » infligée vendredi par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à Fabrice Burgaud, le juge d'instruction de l'affaire d'Outreau, n'en finit pas de faire des vagues. Ce week-end, l'ex-garde des Sceaux Elisabeth Guigou a déploré « un nouveau fiasco pour la justice », et Philippe Houillon, député UMP rapporteur de la commission parlementaire d'Outreau, une « farce ». Dominique Wiel, un des innocents d'Outreau, n'a pas caché sa colère : « J'attendais au minimum un an d'exclusion. Ce type de décision est un mauvais exemple pour les jeunes magistrats, qui vont se dire "je peux faire des erreurs, de toute façon, je ne serai pas inquiété"», estime l'abbé, qui a fait plus de deux ans de détention provisoire dans ce dossier.

La polémique s'est doublée d'une crise interne au CSM, puisque l'un des onze magistrats ayant sanctionné Burgaud était en poste à la chambre de l'instruction de Douai au moment de l'affaire et avait refusé par deux fois la remise en liberté d'un accusé. Une maladresse qui pourrait servir la défense de Fabrice Burgaud. Elle a décidé de faire appel de la « réprimande » devant le Conseil d'Etat. De son côté, la Chancellerie a défendu hier ce magistrat, indiquant qu'il était intervenu dans le dossier en août 2003, alors que Fabrice Burgaud « n'était plus en charge de l'affaire ». W

B. B. et V. V. (à Lille)