Huit vétérans du nucléaire attaquent

— 

Pour l'association antinucléaire Moruroa e tatou (Moruroa et nous), c'est un procès « historique ». Le tribunal du travail de Polynésie française, à Papeete, examine aujourd'hui la requête de huit anciens travailleurs polynésiens sur les sites de Moruroa et Fangataufa. Sur les huit plaignants, trois sont en vie et souffrent de cancers du sang, de l'oesophage ou d'un lymphome, et les cinq autres, décédés, sont représentés par les ayants droit. Tous demandent que leur maladie soit reconnue d'origine professionnelle, et réclament des indemnisations. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a récemment annoncé un projet de loi d'indemnisation - relatif aux 150 000 civils et militaires qui ont participé, de 1960 à 1996, aux tirs nucléaires - censé empêcher de telles actions en justice. « C'est le premier procès des victimes polynésiennes des essais nucléaires français », indique Moruroa e tatou, qui rassemble quelque 4 000 civils et militaires, et défend 222 vétérans atteints de cancers, dont 146 sont morts. W