Le retour d'une thèse explosive

À Toulouse, Hélène Ménal

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Dix jours après les attentats du 11 septembre 2001, c'est la première explication qui est venue à l'esprit de nombreux Toulousains. Elle avait été écartée à l'époque par le juge d'instruction au profit de l'accident chimique. Mais cette piste, dite « intentionnelle », fait son retour et occupera toute la semaine. Demain, les débats se concentreront sur Hassan Jandoubi, un intérimaire décédé dans la catastrophe et qui portait plusieurs sous-vêtements. Certains font le rapprochement avec une habitude qu'adopteraient des islamistes avant des attentats-suicides tandis, que la famille de l'intéressé évoque un moyen de remédier à un complexe de maigreur.

Vendredi, le tribunal a déjà traité du fameux épisode du péage de Valence-d'Agen (Tarn-et-Garonne), où deux véhicules ont été contrôlés environ deux heures après l'explosion. Parmi les occupants, en règle, un membre connu du mouvement Dawa el Tabligh, qui pratique un islam « rigoriste ». « Cette personne était connue et circulait ouvertement, a expliqué à la barre l'ancien responsable des Renseignements généraux dans le Tarn-et-Garonne. Je vois mal des gens vêtus en djellaba commettre un quelconque délit avec leur véhicule. » Enfin, un chauffeur de camion a créé la sensation à l'audience en attestant de la présence, sur le site le matin même de l'explosion, d'un intérimaire fantôme. « Un petit, moustachu, yeux clairs. » « Il y avait ce matin-là, en plus de l'équipe connue, un Maghrébin moustachu : c'est un mystère tout à fait extraordinaire », s'était exclamé, un peu plus tôt, le prévenu Serge Biechlin. L'ex-directeur de l'usine estime que « la piste intentionnelle a été évoquée de manière superficielle pendant l'instruction ». W