Juge Burgaud: la seconde polémique

REACTIONS Après la «réprimande» infligée, c'est la présence d'un ancien magistrat de Douai parmi les membres du CSM qui est mise en cause

Avec agence

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Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a reporté "de plusieurs semaines" sa décision prévue vendredi sur une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre de Fabrice Burgaud, le juge d'instruction controversé de l'affaire de pédophilie d'Outreau.
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a reporté "de plusieurs semaines" sa décision prévue vendredi sur une éventuelle sanction disciplinaire à l'encontre de Fabrice Burgaud, le juge d'instruction controversé de l'affaire de pédophilie d'Outreau. — Boris Horvat AFP/Archives

A la polémique déclenchée vendredi par la «réprimande» infligée vendredi par le CSM au juge Fabrice Burgaud après le fiasco de l'affaire Outreau, s’ajoute ce samedi une mise en cause de la procédure mise en place.

Pour Elisabeth Guigou, ancienne Garde des sceaux socialiste, il s'agit là d'un «nouveau fiasco pour la justice». Cette sanction, la plus légère de celles qu'encourait le juge Burgaud, est «perçue comme une offense par les victimes», affirme la députée de Seine-Saint-Denis sur France Info. En plus, «on apprend qu'il y a, parmi ceux qui ont prononcé cette soi-disant sanction, quelqu'un qui était chargé de contrôler l'instruction du juge Burgaud», dénonce-t-elle. Un ancien magistrat de la chambre de l'instruction de Douai (Nord), qui avait refusé par deux fois la remise en liberté d'un suspect finalement acquitté, figurait en effet parmi les onze membres du CSM ayant sanctionné Fabrice Burgaud.

Pas de «mises en cause un peu gratuites»

Evoquant samedi cette présence au sein du CSM, la ministre de la Justice Rachida Dati a demandé que soient évitées «des mises en cause un peu gratuites». «Les membres, et le membre auquel vous faites référence, est membre du Conseil supérieur de la magistrature que je sache, et lorsqu'il y a eu les débats, personne ne l'a mis en cause», a déclaré la Garde des Sceaux sur France Inter. «Evitons des mises en cause un peu gratuites», a-t-elle ajouté, alors que le Premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, a annoncé vendredi avoir «convoqué» le magistrat en question «pour recueillir, sans délai, ses explications».