Continental: Devedjian, les syndicats et la direction spéculent autour d'une offre de reprise

SOCIAL Le ministre de la Relance étudie une «offre sérieuse», venue de Dubaï et peu avancée selon la direction, et qui divise les syndicats...

J.M. avec agence
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Une prime exceptionnelle de 200 euros pour les titulaires du RMI et une aide à l'embauche dans les petites entreprises figurent parmi les premières mesures du plan de relance de 26 milliards qui ont été instituées par décret, a indiqué lundi Patrick Devedjian.
Une prime exceptionnelle de 200 euros pour les titulaires du RMI et une aide à l'embauche dans les petites entreprises figurent parmi les premières mesures du plan de relance de 26 milliards qui ont été instituées par décret, a indiqué lundi Patrick Devedjian. — Gerard Cerles AFP/Archives
Pendant que les salariés manifestent à Hanovre, Patrick Devedjian a indiqué ce jeudi sur France 2 que son ministère était en train d'étudier «une offre sérieuse» d'un «partenaire économique» concernant l'usine de Clairoix de Continental.

De son côté, la direction de Continental-France a assuré n'avoir connaissance que d'une «

manifestation d'intérêt» pour son usine de Clairoix (Oise) d'une entreprise de Dubaï, mais qui «n'est pas un fabricant de pneumatiques» mais qui est intéressée par «la structure, les technologies, les compétences» des 1.120 salariés. Cet appel remonte à «3-4 semaines» et «des échanges sont en cours», a précisé un porte-parole.

Interrogé ce jeudi par «20 Minutes» en marge de l’Assemblée générale des actionnaires à Hanovre, le directeur de la communication de Continental, Alexander Lührs, a confirmé, lui, que le groupe avait reçu une proposition d’une compagnie d’investissement de Dubaï. Il s’agirait de reprendre le site mais sans continuer la fabrication de pneus. «Nous allons évaluer l’offre mais notre priorité est d’engager le dialogue avec les syndicats de Clairoix sur la fermeture de l’usine», a-t-il affirmé. La direction affirme que jusqu’à mercredi, elle a essuyé un refus catégorique de toute négociation. «Nous avons besoin d’arriver à un accord. Si nous pouvons discuter, il est possible que nous augmentions les indemnités de licenciement.»

Les syndicats partagés


Le ministre de la Relance a quant à lui refusé de dévoiler le nom de l'auteur de l'offre. «C'est à lui de se déclarer», a-t-il justifié, ajoutant «je veux préserver toutes les chances que cela marche» alors qu'il lui était demandé si l'ensemble des emplois seraient sauvegardés.

Du côté de Hanovre, les syndicats sont partagés. «J'ai toujours cru à ce projet de reprise mais je ne voudrais pas que Devedjian donne de l'espoir pour rien, je trouverais cela criminel», a déclaré Antonio Da Costa, de la CFTC. Mais pour son collègue de la CGT, «une reprise est inimaginable». Xavier Matthieu estime en effet que «le but de Continental, c'est de faire fabriquer moins cher mais pas de vendre».

Continental ne veut pas de repreneur

Patrick Devedjian le confirme: la bataille n'est pas encore gagnée. «Le problème, c'est Continental. Continental -et c'est une vraie difficulté- ne souhaite pas qu'il y ait un repreneur. Ils veulent je crois, vraiment réduire la capacité de production alors que ça marche bien. Et c'est très discutable, leur attitude», a-t-il expliqué.

Une affirmation contestée par le groupe: «à chaque fois qu’une marque d’intérêt est reçue, Continental étudie la situation avec un sérieux absolu», a affirmé Bernhard Trilken, vice-président chargé de la division «pneu, tourisme et camionnettes». Mais Continental ne prévoit pas de recevoir d'offre d'un spécialiste de la fabrication de pneus «dans un contexte économique aussi difficile».

Pour l'heure, concernant l'offre supposée, le porte-parole du groupe botte en touche: «On n'en est pas au stade d'un projet, c'est très précoce». L'équipementier automobile aura l'occasion de s'expliquer le 29 avril prochain avec l'Etat et les syndicats, à l'occasion d'une réunion tripartite qui se tiendra à Bercy.


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