Eric Besson abroge la loi de la Jungle à Calais

IMMIGRATION Le ministre de l'Immigration a annoncé qu'il allait faire fermer la «jungle»...

Vincent Vantighem, à Lille

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Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009
Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009 — Reuters / Pascal Rossignol

Il avait promis de revenir avec des «idées». Trois mois après sa première visite, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, est retourné ce jeudi à Calais pour présenter son plan de lutte contre l'immigration clandestine sur le littoral. «On ne laissera pas cette ville aux mains des mafias de passeurs, a martelé le ministre. Ici, ce n'est pas Kaboul. C'est Calais!».

Pour que cela le redevienne, la «Jungle» où des centaines d'Afghans ont installé un campement de fortune et même une mosquée sera «démantelée» d'ici à la fin de l'année. «S'ils nous filent des passeports avant de nous virer, il n'y aura pas de problème, souriait l'un de ses candidats à l'exil devant sa tente de bric et de broc. Mais j'en suis pas vraiment sûr…» Militant associatif, Charles Framezelle, dit Moustache, n'en est pas sûr non plus: «Cela ne va faire que déplacer le problème dans la ville…»
 
Un volet «Humanité» dans le plan

Dans les rues de Calais, les migrants auront au moins l'avantage de bénéficier de meilleures «conditions de vie», selon Eric Besson. C'est le volet «Humanité» de son plan. Au menu: la distribution de repas sera déplacée dans un nouvel abri prévu à cet effet, la permanence de soins sera pérennisée et le coin sanitaire avec des douches sera enfin créé. Mieux, la sous-préfecture de Calais pourra enfin accueillir les demandes d'asile formulées par les clandestins. Avant ils devaient se rendre à Arras pour effectuer leurs démarches.
 
«Cela ne règlera pas tout»

«Il y a de réelles avancées sur le plan humanitaire, reconnaissaient de concert l'abbé Jean-Pierre Boutoille et Jean-Claude Lenoir, responsables associatifs qui ont négocié avec le ministre. Mais cela ne réglera pas tout…» Même Jean-Yves Topin le directeur central de la police aux frontières le reconnaît : «Mais ce n'est pas parce-que cela ne suffira pas qu'il ne faut pas le faire…»

Mégaphone

Calais était quadrillé pour la venue du Ministre. Ce jeudi matin, une militante PC s'est faite confisquer son mégaphone alors qu'elle attendait devant la Jungle. L'après midi, des militants associatifs venus de Paris ont connu le même sort sur la place de l'hôtel de ville où ils ont été interdits de manifestation.
Les rues autour de la Jungle ont également été bouclées par les forces de l'ordre pour empêcher les migrants de venir manifester lors du discours d'Eric Besson.