Le monde de la santé prépare sa journée d'action contre la loi Bachelot

HOPITAUX Le point sur les professions qui appellent à la grève le 28 avril...

Julien Ménielle

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Grève à l'hôpital.
Grève à l'hôpital. — F. DURAND / SIPA

L'«appel des 25» fait des émules. Plusieurs syndicats de soignants se joignent aux professeurs des hôpitaux de Paris (AP-HP) pour dénoncer l'avènement de l'hôpital-entreprise qu'ils pensent voir se profiler avec la loi Bachelot. Le mardi 28 avril, les professionnels de santé seront en grève et se donnent rendez-vous dans la rue pour manifester.

Le personnel de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP)
A l'initiative du mouvement, l'ensemble des personnels, médicaux et non médicaux, appelle à participer à la protestation contre le texte de la loi «Hôpital, patients, santé et territoires» (HPST, dite loi Bachelot). Adopté par l'Assemblée nationale le 18 mars dernier, il sera discuté en séance publique par les sénateurs du 11 au 20 mai. La manifestation prévoit de se rendre devant le Sénat avec comme mots d'ordre «le refus de suppression d’emplois à l’AP-HP, le refus de la gouvernance et de la suprématie du directeur, et le maintien des services».

Les médecins hospitaliers
La Coordination médicale hospitalière (CMH) et le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes, biologistes et pharmaciens des hôpitaux publics (Snam HP) appellent à participer à la manifestation. Ils jugent nécessaire d'«amender le projet HPST sur la gouvernance de l'hôpital, pour que vive l'hôpital public». Les médecins refusent «la gouvernance du seul patron directeur», et estiment que celui-ci «doit s'appuyer sur les propositions, l'action et les engagements de la communauté médicale et de ses représentants». La conférence des présidents des commissions médicales d'établissement des centres hospitaliers universitaires (CME-CHU) est solidaire et déplore que «le texte actuel limite la place de la communauté médicale à seulement "donner un avis"».

Les infirmières
La Coordination nationale infirmière (CNI) a déposé un préavis de grève de 24 heures pour la journée du 28 avril. Elle conteste une «vision purement comptable de l'hôpital» et dénonce «le non remplacement de départs (retraite, mutations...) parmi les personnels soignants». La CNI appelle «toute la filière infirmière à se mobiliser le 28 avril lors d'actions locales ou en rejoignant la manifestation parisienne», espérant la présence de «l'ensemble des personnels», aides-soignantes, agents hospitaliers ou administratifs.

Les psychiatres
L’Union syndicale des psychiatres (USP) réaffirme dans un communiqué «son opposition au projet de loi HPST». Les psychiatres refusent notamment «l’hôpital "entreprise industrielle"» consacré par le texte selon eux, qui «le livre à la gestion comptable, préparant sa privatisation, et porte atteinte au service public». L’USP «soutient toutes les actions appellant au retrait de ce projet et à un débat démocratique sur l’hôpital et le service public de santé et, notamment, les actions du 28 avril.»

Ils n'iront pas...
Les directeurs d'hôpitaux, désireux de conserver leur «pouvoir d'arbitrage ultime», ont appelé Nicolas Sarkozy à ne pas
«vider de tout sens» la loi HPST. Ils ne seront évidemment pas dans la rue aux côtés des manifestants.

Pratique
En cas de grève, le personnel hospitalier est réquisitionné pour assurer la continuité des soins.
Les mouvements n'affectent pas les services d'accueil des urgences, la chirurgie dite «chaude», ni la prise en charge des patients hospitalisés.
En revanche, en cas de rendez-vous pour une consultation ou une intervention chirurgicale programmée, il est préférable de se faire confirmer qu'il est maintenu, auprès du secrétariat concerné.