Des salariés de Continental, en colère, saccagent la sous-préfecture de Compiègne

SOCIAL Le tribunal de Sarreguemines a rejeté leur demande de suspension ou d'annulation de la fermeture de l'usine de Clairoix...

MD (Avec agence)

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Le ministère public a demandé mardi au tribunal de Sarreguemines (Moselle) de "suspendre" la procédure de fermeture de l'usine Continental de Clairoix (Oise) alors que se tenait à Nice un comité central d'entreprise (CCE) sans représentants du personnel.
Le ministère public a demandé mardi au tribunal de Sarreguemines (Moselle) de "suspendre" la procédure de fermeture de l'usine Continental de Clairoix (Oise) alors que se tenait à Nice un comité central d'entreprise (CCE) sans représentants du personnel. — Jean-Christophe Verhaegen AFP
Ils avaient prévenu qu'ils changeraient de ton, c'est chose faite. Des salariés de l'usine Continental de Clairoix, dans l'Oise, ont pénétré ce mardi dans la sous-préfecture de Compiègne et saccagé les locaux.

Des bureaux ont été dévastés, des ordinateurs et des dossiers renversés, selon le parquet de Compiègne qui parle de beaucoup de dégâts matériels, mais indique qu'il n'y a pas eu de blessés. Environ 250 à 300 salariés de Continental s'étaient rassemblés devant le tribunal de Compiègne en milieu d'après-midi avant de se diriger vers la sous-préfecture toute proche, selon cette source. Tout se passait calmement, avant que les salariés de Continental n'apprennent la décision du tribunal et là, «ça a complètement basculé», selon le parquet de Compiègne, qui a demandé une enquête.

Une reprise: piste sérieuse ou simple hypothèse?

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a déclaré mardi soir à France 3 que trouver un repreneur pour l'activité de Continental à Clairoix (Oise) était une simple "hypothèse". Auparavant,le ministre en charge de la relance Patrick Devedjian a affirmé qu'il y avait des "pistes sérieuses" de reprise.

Luc Chatel a annoncé qu'il proposait des discussions «tripartites» entre les salariés de Continental et la direction autour du gouvernement, tout en condamnant le saccage de la sous-préfecture.

«Ils sont en train de tout casser»


«C'est le pire scénario, nous sommes catastrophés», a réagi Pierre Rubeck, délégué syndical central CFTC et secrétaire du CCE. «On a perdu une bataille, mais pas la guerre: on va aller jusqu'au bout», a déclaré pour sa part Antonio Da Costa, secrétaire du CE de Clairoix (CFTC). «Les salariés de Clairoix sont en colère, ils sont très déçus», a-t-il poursuivi en faisant état des vives réactions de ses collègues à Compiègne. «Ils sont en train de tout casser», a-t-il dit.

>> Reportage vidéo avec les salariés de Continental lors d'une manifestation à Paris, ici

Leur avocat, Me Ralph Blindauer, a annoncé la poursuite de son action sur le fond, à Compiègne ou à Sarreguemines. «On est en train de casser le droit des comités d'entreprise», a-t-il dit. «La consultation des partenaires sociaux doit se faire d'abord là où les décisions sont prises, c'est à dire à Hanovre», a-t-il estimé. Pour la direction au contraire, «le tribunal a reconnu que Continental avait bien rempli ses obligations légales dans le cadre de la procédure d'information et de consultation des partenaires sociaux». «Continental est donc autorisée à poursuivre la procédure en cours et à tenir dès demain deux réunions du comité central d’entreprise à Nice», s'est félicitée la direction dans un communiqué.

Le 25 mars dernier, une délégation syndicale accompagnée de nombreux salariés avaient manifesté dans les rues de la capitale après une rencontre peu concluante entre les syndicats et l'Elysée. «On ne va pas se laisser faire, on va faire du bruit», avaient déclaré certains, menaçant également de changer de ton si les négociations n'avançaient pas. Près d'un mois après la réunion avec le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, l'usine de Clairoix, qui emploie 1.120 personnes, est toujours en passe de mettre la clef sous la porte. L'équipementier allemand avait annoncé sa fermeture le 11 mars.