Eric Besson justifie l'arrestation de près de 200 migrants interpellés à Calais à deux jours de sa venue

IMMIGRATION La préfecture assure qu'il s'agit d'une vaste opération destinée à démanteler les filières de passeurs clandestins...

MD (Avec agence)

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Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009
Des migrants dans la «jungle» de Calais le 30 mars 2009 — Reuters / Pascal Rossignol

«Force doit rester à la loi.» C'est la formule choisie par Eric Besson pour justifier l'interpellation de quelque 150 migrants, ce mardi à Calais. Selon le ministre, «la situation s'était détériorée à Calais. Il ne peut être dit que passeurs et trafiquants font la loi.»

Ce sont donc près de 300 policiers et gendarmes qui ont mené menaient dans la matinée une opération contre les migrants. Dans la nuit de lundi à mardi, des gendarmes avaient également interpellé 33 autres personnes sur des aires d'autoroutes de la région de Calais, et onze autres près de Saint-Omer, selon la préfecture.Débutée peu après sept heures, l'opération autour du principal campement à Calais s'est terminée vers 10h30, selon la préfecture. Un périmètre de sécurité avait été déployé autour de la zone.

Hasard du calendrier?

Cette opération, effectuée sur réquisition du procureur de Boulogne-sur-Mer, intervient à deux jours d'une visite d'Eric Besson, prévue jeudi à Calais, où affluent des centaines de migrants illégaux qui cherchent à passer en Grande-Bretagne. Eric Besson entend «faire part de ses analyses et de ses propositions».

«C'est vraiment pour démanteler les filières, c'est une opération de déstabilisation des filières, pour essayer de trouver des passeurs», a indiqué une porte-parole de la préfecture.

«On est coincés, la démocratie fonctionne bien»

Les quelque 200 personnes arrêtées au total, parmi lesquelles beaucoup se déclarent Afghans, ont été placées en garde à vue à Calais, Boulogne et Lille, selon cette porte-parole, qui indique qu'un périmètre de sécurité important a été déployé autour du campement où se trouvaient les migrants.

«On est coincés, la démocratie fonctionne bien», a ironisé Jean-Claude Lenoir, bénévole du Collectif C-Sur (soutien d'urgence aux réfugiés), maintenu derrière le périmètre. «Depuis huit jours, ça a été des gazages incessants. Ils sont au squat des Afghans, dans la zone des dunes de Calais», a-t-il témoigné, indiquant que des cars de police étaient visibles.