Ahmadinejad à Durban II: Les journaux français dénoncent une «caricature de diplomatie onusienne»

REVUE DE PRESSE Les quotidiens reviennent sur le discours du président iranien...

Avec agence

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 20 avril 2009 lors de la conférence de Durban II
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 20 avril 2009 lors de la conférence de Durban II — EPA/SALVATORE DI NOLFI

La violente diatribe contre Israël du président iranien Mahmoud Ahmadinejad lundi à Genève pendant la conférence «Durban II» est condamnée ce mardi par les éditorialistes de la presse française, qui s'interrogent sur l'attitude à adopter face à de tels dérapages.

«La bataille idéologique commence par celle des mots», note «Le Monde», qui estime que «la politique de la chaise vide serait une désertion».

«La moins mauvaise des attitudes, pour les démocraties, ne peut être que de faire front pour défendre pied à pied leurs valeurs. Sauf à laisser à leurs adversaires le champ libre et tout loisir d'utiliser l'ONU comme caisse de résonance», selon le quotidien du soir.

«Un Président adepte de la lapidation, homophobe et antisémite»

«Durban II, comme Durban I, apparaît comme une caricature de diplomatie onusienne. Offrant une tribune et des applaudissements à un Président adepte de la lapidation, homophobe et antisémite», regrette François Sergent dans «Libération».

Maurice Ulrich, de «L'Humanité», s'interroge: «La présence à Durban de tous les pays membres de l'ONU, représentés par leurs plus hauts dirigeants, aurait-elle cautionné les propos du dirigeant iranien ou les aurait-elle isolés?»

«Cruel dilemme face auquel l'Europe n'a eu que le grand tort de répondre dans le désordre», déplore Jacques Camus dans «La République du Centre».

«Une tribune mondiale» pour des «délires antisémites»

«Sans doute faut-il être là, malgré les dérives, malgré les mascarades», suppose Didier Pobel dans «Le Dauphiné Libéré».

Pour Jean-Marcel Bouguereau de «La République des Pyrénées», «le problème, désormais, c'est de ne pas laisser la conférence des Nations-Unies à tous ceux qui, n'ayant pas quitté la salle, pourraient rééditer Durban I qui, rappelons-le, avait donné lieu non seulement à d'invraisemblables débordements de haine raciale mais à l'approbation de résolutions où la critique des religions était assimilée à du racisme.»

«Ce genre de symposium semble inapproprié à une situation bloquée par des comportements irréductibles. Qu'Ahmadinejad y trouve une tribune mondiale pour ses délires antisémites n'est pas acceptable», dénonce Gérard Noël dans «Vosges Matin».

«Le racisme a de beaux jours devant lui»

«L'incident était attendu (...) Alors pourquoi se prêter à une parodie onusienne pompeusement appelée "Conférence internationale contre le racisme"?» demande Jean-Claude Kiefer des «Dernières Nouvelles d'Alsace».

Dans «L'Alsace», Patrick Fluckiger se montre fataliste: «Le racisme (...) a de beaux jours devant lui, car Durban I et II sont un dialogue de sourds (...) Devant un tel mur d'incompréhension - et de haines - une conférence internationale sur le racisme ne sert strictement à rien. Alors deux...»

Un avis partagé par Dominique Garraud dans «La Charente libre»: «Sommet d'hypocrisie et d'impuissance, "Durban II" doit marquer la fin d'une dérive et déboucher sur l'évidence qu'il ne doit pas y avoir de "Durban III".»
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