Sarkozy attaque par les bandes

Bastien Bonnefous

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Un fait divers, une loi. Après les mineurs délinquants, les chiens dangereux, les malades mentaux criminels et les guets-apens contre les forces de l'ordre, Nicolas Sarkozy a décidé de s'attaquer aux « bandes violentes ». Le chef de l'Etat se rend aujourd'hui à Nice, pour présenter la proposition de loi censée renforcer la législation contre ces bandes. Un texte préparé par le député-maire local, Christian Estrosi, pressenti comme le futur secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement dans le prochain gouvernement.

Nicolas Sarkozy lui-même a tracé les grands axes du dispositif (lire encadré), le 16 mars à Gagny (Seine-Saint-Denis), quelques jours après l'attaque d'un lycée de la ville par une vingtaine de personnes cagoulées, armées de bâtons et de barres de fer. Par ailleurs, depuis les violences en marge du sommet de l'Otan à Strasbourg, les 3 et 4 avril, le ministère de l'Intérieur a décidé de faire adopter un décret interdisant le port de cagoules dans les manifestations.

L'opposition voit dans ce nouvel arsenal sécuritaire une manoeuvre à but électoral, à deux mois des élections européennes. « A part l'exploitation de l'insécurité à des fins électorales, on attend toujours une politique qui lutte efficacement contre l'insécurité », a fait valoir le porte-parole du PS, Benoît Hamon. François Bayrou, lui, y décèle un écran de fumée du gouvernement pour masquer les effets de la crise. « Comme à chaque fois que les résultats économiques ne sont pas là, ils mettent en scène des histoires sécuritaires », a déclaré le président du MoDem. Bourrage de crâne, répond le gouvernement, citant une note de la sous-direction de l'information générale ­- les anciens RG - faisant état d'une hausse de 11 % des affrontements entre bandes entre décembre 2008 et janvier 2009, surtout en Ile-de-France. W