Les grévistes d'ERDF veulent brancher l'opinion

David Thomson

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C'est leur troisième semaine de mobilisation et les grévistes envisagent désormais des actions plus populaires que les coupures de courant. Jeudi dernier, la journée de protestation chez ERDF et GRDF (filiales de EDF et de GDF) avait été suivie par 18 % des 45 000 salariés des deux sociétés. Mais la polémique soulevée par les coupures d'environ une heure qu'ils avaient provoquées chez des dizaines de milliers d'abonnés avait nui à l'image de leur mouvement. Les grévistes se sont donc lancés dans une reconquête de l'opinion.

Au programme : une opération « Robin des Bois », partout en France. « On va défendre les plus pauvres en remettant des fusibles pour donner le courant à une masse de clients coupés pour non-paiement », explique Thierry Chevallier, coordinateur CGT-Energie. Il promet aussi de désactiver plusieurs radars automatiques sur les routes et de faire passer certains compteurs en heures creuses. Certains parlent même de neutraliser des péages, les rendant ainsi gratuits.

Hier, dans une tour de la Défense, près de Paris, les négociations ont repris entre la direction et les cinq syndicats de l'énergie des deux filiales (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC). Armés de mégaphones, de papier toilette, de drapeaux et de sifflets, une cinquantaine d'agents ont investi les lieux vers 15 h. En fin d'après-midi, une partie d'entre eux s'est introduite dans la salle de réunion en apprenant que les discussions n'avançaient pas. Les grévistes réclament toujours une prime de 1 500 euros pour tous, une augmentation de salaire de 5 % et l'arrêt de l'externalisation des emplois. Pour la CFTC, une « radicalisation du mouvement est prévisible » aujourd'hui. W