Décret anti-cagoules: «Sortir du nucléaire» ne veut pas enlever ses masques

20minutes.fr

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Une manifestation de l'asssociation Sortir du nucléaire
Une manifestation de l'asssociation Sortir du nucléaire — DR

Le décret anti-cagoules de Michèle Alliot-Marie menace t-il aussi les mises en scène masquées? L'association Sortir du nucléaire s’est élevée ce lundi contre «l’absurdité» du projet de décret, expliquant qu’il pourrait rendre illégal certaines de ses manifestations.

Le décret de la ministre de l’Intérieur, qui a été transmis jeudi au Premier ministre, prévoit que le fait de cacher son visage pour ne pas être identifié soit «puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5e classe: 1.500 euros». Une amende qui passerait à 3.000 euros en cas de récidive dans un délais de moins d'un an.

Dans un communiqué, Sortir du nucléaire prend pour exemple la rituelle manifestation pour l’«anniversaire» de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986) dans lequel des manifestants portent des masques, «afin de symboliser les victimes anonyme de l'atome», comme on peut le voir sur la photo. Bravant le texte, l'association a décidé de maintenir sa manifestation du 26 avril.

Comment vont faire les stagiaires?

«Le ministère de l'intérieur prétend que son projet de texte ne vise "que" les personnes qui se dissimuleraient le visage "dans le but de ne pas être reconnues" et "de se livrer à des violences ou commettre des dégradations". Mais il ne s'agit là que de précisions verbales sans valeur juridiques. Une tel texte de décret ou de loi peut être utilisé à dessein pour sanctionner lourdement des manifestants du seul fait de leur engagement», estime l’association anti-nucléaire.

D’autres associations, habituées à faire défiler leurs manifestants masqués pour des raisons de mise en scène, pourraient aussi être visées par une application très stricte du décret. Ainsi, l’association de stagiaires «Génération précaire» met en général en scène ses adhérents derrière des masques blancs destinés à montrer l’anonymat de leur condition.

Les syndicats de policiers divisés


Le décret Alliot-Marie laisse sceptique le syndicat Unsa-police, classé à gauche, pour d’autres raisons: «On y met des réserves parce que le maintien de l’ordre en manifestation, c’est une mission très particulière» a déclaré sur France-Info ce lundi Henri Martini, secrétaire général du syndicat.

«La police française a toujours voulu éviter les contacts physiques avec les manifestants pour éviter des blessés voire des morts. L’interpellation en flagrant délit d’individus cagoulés peut apporter des violences extrêmes et je crois que ce n’est pas le but recherché...», a-t-il poursuivi.

Le syndicat de policier Alliance, classé à droite, est lui favorable au décret, estimant que le texte «donnerait aux policiers la possibilité d'interpeller ce type d'individu».