Les cours dans les facs ne reprennent pas partout

EDUCATION Plusieurs universités de la zone A ayant effectué leur rentrée ce lundi ont voté la poursuite du blocage...

Laure de Charette, Catherine Fournier et nos éditions locales

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 A Rennes-II, la poursuite des blocages a été votée le lundi 20 avril 2009, comme le 2 février dernier (photo ci-contre).
 A Rennes-II, la poursuite des blocages a été votée le lundi 20 avril 2009, comme le 2 février dernier (photo ci-contre). — F.LEPAGE/SIPA

«Les examens seront véritablement en danger si le mouvement dépasse les vacances de Pâques», avait estimé le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost. Nous y voilà: les étudiants de la zone A, qui compte notamment les académies très perturbées de Rennes, Nantes et Toulouse, ont repris ce lundi le chemin des cours... ou plutôt des assemblées générales pour certains.

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Plusieurs AG se sont en effet tenues. A Toulouse-le-Mirail, une fac réputée frondeuse, deux-tiers des deux mille étudiants réunis ont voté le maintien du blocage de l'université. A Lyon-I, plusieurs composantes - biologie, maths et informatique - restent bloquées, les enseignants-chercheurs étant toujours en grève. A Rennes-II, la poursuite des blocages a été votée. A croire que pour certains étudiants, le «fichu pour fichu» semble en passe de l'emporter. Pour eux, la question des examens devient véritablement cruciale après près de trois mois de mobilisation entraînant la suspension partielle ou totale des cours.

Le ministère veut à tout prix voir une «démobilisation»

En revanche Toulouse-III a entériné la fin du blocage. Et dans de nombreux établissements, la rentrée a pu se dérouler normalement, comme à Nantes. L'heure est au rattrapage des cours et à l'aménagement d'un nouveau calendrier des examens, avec des partiels envisagés en juin et des rattrapages en septembre.

D'autres AG doivent avoir lieu mardi et mercredi dans les facs où les vacances sont terminées, comme à Lyon-II. Du coup il était encore trop tôt ce lundi pour qu'une tendance générale se dessine. Le ministère veut à tout prix voir une «démobilisation» de la communauté universitaire, et l'UNI, syndicat étudiant à droite, rappelle que «moins de 1% des étudiants défilent dans la rue les grands jours de manifestation».

Toujours est-il que de nombreux jeunes n'ont suivi que très peu d'heures de cours au second semestre, et que de nombreux examens vont être repoussés, perturbant le début des stages et des jobs d'été de certains étudiants.

DECRET Le nouveau projet de décret, qui modifie le statut des enseignants-chercheurs en permettant de moduler leur service entre cours et recherche, doit être examiné mardi en Conseil d'Etat. C'est le signe que le gouvernement maintient sa réforme. Une première version avait été transmise au Conseil d'Etat fin janvier, puis réécrite à la demande de François Fillon. La nouvelle mouture, toujours très contestée, figure aussi à l’ordre du jour du conseil des ministres demain.