Regain de tension chez Caterpillar

SOCIAL Une assemblée générale des salariés, où devait être expliqué l'accord avec la direction obtenu par les délégués syndicaux, a été interrompue peu après son ouverture par des salariés en colère...

J.M. avec agence

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Le président Nicolas Sarkozy a dit mercredi qu'il allait "sauver le site" de Caterpillar (engins de chantier) en France et recevrait l'intersyndicale de la société en difficulté.
Le président Nicolas Sarkozy a dit mercredi qu'il allait "sauver le site" de Caterpillar (engins de chantier) en France et recevrait l'intersyndicale de la société en difficulté. — Jean-Pierre Clatot AFP

Caterpillar bouillonne toujours. Une AG des salariés du constructeur américain d'engins de chantiers a été stoppée net ce lundi en début d'après-midi par quelque 200 salariés énervés. Après avoir interrompu la réunion, qui se déroulait dans les locaux du comité d'entreprise (CE), ils ont pris la décision de se rendre à la direction départementale du travail (DDT) afin de bloquer les négociations sur le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en cours.

«Il y a trop d'avis divergents», a expliqué l'un des salariés. Cette AG devait permettre aux délégués syndicaux de faire connaître aux salariés les termes de l'accord conclu dimanche soir à Paris avec la direction de Caterpillar au ministère de l'Economie, après neuf heures de discussions et deux mois de de conflit. Cet accord prévoit que la direction s'engage à assurer la pérennité des sites de Grenoble et Echirolles. Il confirme que le nombre de suppressions de postes est ramené de 733 à 600.

«A contrecoeur»

Une partie des 2.000 salariés de Grenoble et Echirolles, au chômage partiel, avaient repris le chemin de l'usine ce lundi matin, tout en attendant que l'accord de fin de conflit signé la veille à Paris avec la direction soit soumis à leur vote par referendum, mardi ou mercredi. «On reprend le travail à contrecoeur», avait confié un ouvrier sous couvert de l'anonymat, avant de pénétrer dans l'usine. Les arrivées sur les deux sites isérois du groupe, qui tournaient au ralenti depuis des semaines, se sont faites au compte-gouttes dès 7h.

Défiance

«Je suis soulagé que tout le monde reprenne le travail. Et je pense que tout le monde l'est», avait déclaré de son côté Jean-Mathieu Chatain, le directeur de l'usine d'Echirolles, devant l'entrée du site. Il avait assuré que 1.000 ouvriers devaient reprendre le travail cette semaine, dont 400 dès ce lundi, sur les deux sites isérois, puis 1.000 la semaine suivante.

Mais signe de l'atmosphère de défiance qui subsiste au lendemain de la signature de l'accord, une centaine de salariés s'étaient réunis dès le petit matin devant le comité d'entreprise, en attendant que leur soit faxé de Paris le fameux accord. Il ne les a visiblement pas satisfaits.