Royal joue à la présidente, bis

David Carzon

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Elle cherche à exploiter la moindre brèche. Ségolène Royal a provoqué un tollé, ce week-end, en s'excusant auprès de José Luis Zapatero, pour des propos qu'aurait tenus Nicolas Sarkozy sur des dirigeants mondiaux, dont le président du gouvernement espagnol. Des propos rapportés par Libération ­- Nicolas Sarkozy aurait dit, lors d'un déjeuner à l'Elysée, mercredi dernier, que Zapatero n'était « peut-être pas très intelligent » - et qualifiés par la présidente (PS) de Poitou-Charentes d'« injurieux ».

C'est la deuxième fois qu'elle présente des excuses au nom de la France, après l'épisode de Dakar, le 6 avril dernier. Mais cette fois, elle ne visait pas un discours officiel. En outre, les propos incriminés ont été démentis par plusieurs personnes présentes. Y compris des députés qu'on ne peut pas taxer d'être pro-Sarkozy. « Il est arrivé au Président de dépasser les limites et quand cela s'est produit, je l'ai toujours dit. Or, là, je n'ai rien perçu de tel, il n'y a rien eu de méchant ou de malicieux », assure Hervé Mariton, député UMP, proche de Villepin, qui assistait à ce déjeuner consacré à la crise. Il dénonce une polémique surréaliste. « Je n'ai entendu Sarkozy que dire du bien de Zapatero », ajoute-t-il.

La sortie de Ségolène Royal a provoqué des réactions déchaînées de l'UMP : Xavier Bertrand l'a qualifiée de « spécialiste de la manipulation », et selon Frédéric Lefebvre, elle a besoin d'« une aide psychologique ». Chez ses adversaires, à droite et à gauche, beaucoup déplorent son ambition qui la pousse à s'attaquer à la politique étrangère, domaine réservé du Président, dans le simple but d'« exister dans l'opinion ». Une stratégie qui peut lui valoir les faveurs des sympathisants socialistes, mais ne pas être comprise par l'opinion publique, très attachée à la stature présidentielle (lire ci-dessous). W