« Elle fait plus de mal à Sarkozy qu'elle ne se fait de bien »

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« Ségolène Royal vise à la fois la façon d'être de Nicolas Sarkozy et le plan international, domaine réservé de la fonction présidentielle. Si elle n'est ni députée, ni première secrétaire, elle a l'intention de marquer la vie politique et joue de son statut de meilleure opposante à Sarkozy. La symbolique est forte, trop forte pour que ces excuses ne soient pas calculées.

Le risque pour Ségolène Royal, c'est le décalage. Les Français ont pu remettre en question la façon dont Nicolas Sarkozy habitait sa fonction. L'étalage de ses relations, de sa vie privée... les Français n'apprécient pas la désacralisation de la présidence. Le retour en grâce de Jacques Chirac l'illustre bien. Mais dans la période actuelle, les Français se posent une question essentielle et prioritaire : comment Nicolas Sarkozy va-t-il gérer la crise économique et sociale ? Ils attendent que Ségolène Royal critique la politique du gouvernement, mais aussi qu'elle soit en situation de résoudre les problèmes. Ses propos peuvent toucher juste, mais elle donne le sentiment de rejouer encore une fois le match de la présidentielle de 2007. En attaquant Sarkozy, elle fait plus de mal au Président qu'elle ne se fait de bien. Elle risque de ne pas engranger de points dans cette affaire. » W

recueilli par Maud Noyon