Hervé Mariton: «Quand Sarkozy dépasse les limites, je le dis, mais là c'est surréaliste»

Propos recueillis par David Carzon

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L'Assemblée entame l'examen du projet de loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs", adopté le 19 juillet par le Sénat.
L'Assemblée entame l'examen du projet de loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs", adopté le 19 juillet par le Sénat. — Pierre Verdy AFP/Archives
Que s’est-il vraiment passé à ce déjeuner?
Il s’agissait d’un déjeuner privé sur la politique de la France face à la crise. Un déjeuner qui s’est déroulé dans une ambiance informelle quoique studieuse. Nous avons eu un échange direct, ouvert, durant lequel tous les points de vue ont pu s’exprimer.

Nicolas Sarkozy a-t-il tenu des propos déplacés contre des dirigeants étrangers?
Ce genre de rencontres peut donner lieu à des propos assez directs, mais je peux vous affirmer qu’il n’y avait rien de malicieux ou méchant. Et je ne peux pas être soupçonné de sarkozysme. Il est arrivé au président de dépasser les limites et je j’ai toujours dit quand cela s’est produit. Or, là, je n’ai rien perçu de tel. «Libé» a même cité une phrase qui vise Villepin, mais je n’ai rien entendu.

Les propos rapportés par Libé sont inexacts?
Ce sont peut-être des propos exacts, mais sortis de leur contexte. Je n’ai entendu Sarkozy que dire du bien de Zapatero. C’est même moi qui a critiqué l’approbation de Sarkozy de la politique du premier ministre espagnol, notamment sur la question de la suppression de la publicité sur la télévision publique. Tout ce qui se passe aujourd’hui est donc surréaliste.

Vous regrettez cette polémique?
Cela pose une question : peut-on avoir un déjeuner qui n’a pas de statut officiel sans que ça agite la planète entière? Il faut savoir si on veut un président qui tienne des propos aseptisés et convenus, ou s’il peut parler librement sans dépasser les bornes. Ce qu’il n’a pas fait, je le répète. Et du coup, on oublie de dire que nous avons avancé sur la question de la crise, à savoir la question d’un agenda européen et la stratégie face aux actifs toxiques.

Et les excuses présentées par Ségolène Royal?
Elle est totalement hors-sujet. Autant il y avait matière à discussion sur le discours de Dakar, autant cette fois, ni la forme, ni le fond de Ségolène Royal ne sont justifiables.