Stéphane Rozès: «Royal ne marquera pas de points en attaquant Sarkozy»

POLÉMIQUE e politologue et président de la société de conseil CAP commente les excuses présentées à Zapatero par la présidente de la région Poitou-Charentes...

Propos recueillis par Maud Noyon

— 

Quelle est la stratégie de Ségolène Royal?
C’est très clairement une attaque conjuguée. Ségolène Royal vise à la fois la façon d’être de Nicolas Sarkozy et le plan international, «domaine réservé» de la fonction présidentielle. La symbolique est forte, trop forte pour que ces excuses ne soient pas calculées.

Quels bénéfices escompte l’ex-candidate à la présidentielle?
Ségolène Royal s’inscrit dans l’occupation de l’agenda politique. Si elle n’est ni députée, ni première secrétaire, elle a l’intention de marquer la vie politique. Que les thèmes abordés soient appropriés ou non, elle se considère libre et joue de son statut de meilleure opposante à Sarkozy.

Ces excuses vont-elles être payantes?
Le risque pour Ségolène Royal, c’est le décalage. Les Français ont pu remettre en question la façon dont Nicolas Sarkozy habitait sa fonction. L’étalage de ses relations, de sa vie privée… les Français n’apprécient pas la désacralisation de la fonction présidentielle. Le retour en grâce de Jacques Chirac l’illustre bien. Mais dans la période actuelle, les Français se posent une question essentielle et prioritaire : comment Nicolas Sarkozy va gérer la crise économique et sociale.

Ségolène Royal apparaît-elle vraiment décalée?
Les Français attendent que Ségolène Royal critique la politique du gouvernement mais qu’elle soit aussi en situation de résoudre les problèmes. Ses propos peuvent toucher juste mais elle donne le sentiment de rejouer le match de la présidentielle de 2007. En attaquant Sarkozy, elle fait plus de mal au président que de bien à elle-même et elle risque de pas engranger de points dans cette affaire.