Elise: la Russie envisage d'émettre un mandat d'arrêt international contre son père

JUSTICE Jean-Michel André est accusé par Moscou d'avoir enlevé la petite en Russie en septembre 2008...

Avec agence

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Jean-Michel André, toujours sans nouvelles de sa fille Elise, enlevée le 20 mars à Arles, a annoncé mardi avoir créé une association baptisée "Aidelise" pour la retrouver "le plus vite possible".
Jean-Michel André, toujours sans nouvelles de sa fille Elise, enlevée le 20 mars à Arles, a annoncé mardi avoir créé une association baptisée "Aidelise" pour la retrouver "le plus vite possible". — Anne-Christine Poujoulat AFP/Archives

Alors qu'Elise se trouve dans le sud de la France avec son père, et sa mère Irina Belenkaya en détention à Budapest, la Russie remet la pression sur les autorités françaises. «En ce moment, nous rassemblons les éléments pour peut-être mettre en examen M. André. La situation doit encore être étudiée, ensuite nous pourrons régler la question de sa mise en accusation et de l'émission d'un mandat d'arrêt», a déclaré le chef du comité d'enquête du Parquet, Alexandre Bastrykine, cité par l'agence Ria Novosti.

L'institution a rappelé que le père d'Elise faisait toujours l'objet d'une enquête en Russie pour enlèvement en 2008: «L'enquête a établi que le citoyen français Jean-Michel André et un complice non identifié ont enlevé l'enfant et ont quitté illégalement le territoire de la fédération de Russie». Jean-Michel André a toujours parlé d'exfiltration improvisée et en douceur, alors que sa campagne dénonce un enlèvement longuement planifié.

Jean-Michel André pointé du doigt par son ancienne belle-famille

La petite Elise, 3 ans et demi, a été à nouveau enlevée fin mars à Arles. Sa mère a été arrêtée dimanche en Hongrie en compagnie de la fillette. Elle y restera en détention provisoire jusqu'au 25 mai dans l'attente de la mise en oeuvre d'une éventuelle procédure d'extradition vers la France. Elle pourrait alors avoir à répondre d'actes de «soustraction de mineur par ascendant», pour lesquels une information judiciaire a été ouverte. Le père d'Elise a en outre déposé une seconde plainte, contre X.

Dans les médias russes, plusieurs membres de la famille d'Irina Belenkaya ont exprimé ces derniers jours leur émoi de voir Jean-Michel André ne pas retirer sa plainte contre son ex-compagne pour le rapt d'Arles, comme il l'avait pourtant promis à plusieurs reprises avant de retrouver sa fille lundi dernier.

Pendant les manoeuvres judiciaires, la diplomatie se met en route. Des consultations entre la France et la Russie ont commencé vendredi à Moscou. «Nous espérons aboutir à un compromis pour régler cette situation compliquée», a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, cité par Ria Novosti.

Une mission d'experts français à Moscou ce vendredi

Bernard Kouchner vient d'annoncer dans un communiqué la présence à Moscou «d'une mission d'experts français» de son ministère et de celui de la Justice «afin de traiter de la problématique générale des différends familiaux franco-russes». Dont, évidemment, le cas d'Elise.

«Nous souhaitons développer un dialogue avec les autorités russes afin de définir des moyens d'aider à résoudre de tels différends, la Russie n'étant pas partie de la Convention de La Haye et en l'absence d'accord bilatéral dans ce domaine», a souligné le boss du Quai d'Orsay. «Il s'agira toujours d'avoir à l'esprit l'intérêt des enfants et le souci de trouver des solutions durables».

Quelque 300 dossiers d'enfants dont les parents séparés, de nationalité différente, se disputent la garde, sont traités chaque année par la France. Parmi eux, une douzaine concerne la Russie, une soixantaine l'Algérie et une dizaine les Etats-Unis, selon le ministère français des Affaires étrangères.