«Aucun projectile» n'a été retrouvé dans le corps de l'otage de la «Tanit» lors de son autopsie

ENQUETE Impossible de savoir si Florent Lemaçon a été atteint par une balle française, mais l'armée promet de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort du skipper...

J.M. avec agence

— 

Le voilier français Tanit est aux mains de pirates, au large de la Somalie, début avril 2009.
Le voilier français Tanit est aux mains de pirates, au large de la Somalie, début avril 2009. — REUTERS/Marine Nationale
L'autopsie de Florent Lemaçon ne permet pas de déterminer l'origine de la balle ayant tué le skipper de la «Tanit» lors d'un échange de tirs entre les pirates ayant capturé le voilier et le commando français venu le libérer, a indiqué ce vendredi le procureur de la République de Rennes Hervé Pavy.

«Aucun projectile ou fragment métallique n'a été retrouvé dans le corps de la victime», a expliqué le procureur en conférence de presse. Conséquence directe: «Impossible de savoir d'où vient cette balle», qui a atteint Florent Lemaçon à la tête.

Le bateau et les armes des pirates vont être examinés


«Nous n'avons pas en main tous les éléments pour répondre à toutes les questions», a souligné
Hervé Pavy. La réponse ne pourra être obtenue qu'après la fin de l'enquête judiciaire en cours, notamment après les «constatations indispensables sur le bateau», qui se trouve à Djibouti. «Il y a peut-être des impacts, de l'ADN, des fragments métalliques», a ajouté le procureur. Autre examen important: celui «des armes utilisées par les pirates qui ont été récupérées par la Marine nationale» et doivent être adressées à la justice française dans le week-end.

Le ministère de la Défense, qui a indiqué que l'armée apporterait «tous les éléments» pour permettre de déterminer les circonstances de la mort du skipper, précise que c'est un collège de juges d'instruction qui mènera les investigations.

La justice s'intéresse aux chefs des pirates arrêtés

La «Tanit», partie de Vannes dont était originaire l'équipage, avait été capturée par des pirates somaliens le 4 avril dans le Golfe d'Aden. Le
voilier de 12,5 mètres avait été libéré le 10 avril lors d'une opération qui s'était soldée par la mort de Florent Lemaçon et de deux pirates. Trois autres pirates, capturés et ramenés en France, devraient être mis en examen vendredi à Rennes, a précisé le procureur.

«Nous allons travailler à rechercher les véritables responsables de cette bande organisée» a-t-il conclu, ajoutant que l'enquête serait sans doute «longue».