Les lycéens de l'UMP profitent de l'alcool avant la loi Bachelot

SANTE Une soirée alcoolisée organisée dans une boîte parisienne le 27 mars fait polémique...

20minutes.fr

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Dix jours après le vote de la loi Bachelot à l’Assemblée nationale qui entend lutter notamment contre l’alcoolisme des jeunes, l’UMP Lycées a organisé une grande soirée dans une boîte parisienne... avec beaucoup d’alcool. Un événement en contradiction avec les visées de Roselyne Bachelot qui avait déclaré: «pas d’alcool pour les mineurs, c’est clair, c’est simple.»

La soirée, dont les coulisses ont été révélées mercredi par «Le Monde», a fait deux entorses sérieuses à la loi Bachelot. Précisons que le texte doit encore être examiné à partir du 29 avril par le Sénat.

Une soirée alcoolisée ouverte aux plus de 16 ans
Le flyer de la soirée précise que tous les jeunes qui ont payé leur entrée (20 euros) avaient le droit à une boisson gratuite. L’événement était interdit aux moins de 16 ans, mais les 16-18 ans, certainement majoritaires dans cette soirée lycéenne, pouvaient donc boire.

Ce que dit la loi Bachelot:
«La vente à des mineurs de boissons alcooliques est punie de 7.500 € d'amende»

Trois boissons gratuites pour les adhérents UMP
Les adhérents ayant payé leur entrée bénéficiaient, eux, de trois boissons gratuites, qualifiées de «tarif inédit». Une variante de l’«open bar» dénoncé avec force par Roselyne Bachelot qui entend en finir avec ces pratiques dans les soirées étudiantes.

Ce que dit la loi Bachelot:
«Il est interdit d'offrir gratuitement à volonté des boissons alcooliques dans un but commercial ou de les vendre à titre principal contre une somme forfaitaire»

Sur son site web, l’UMP Lycées a cette mention ironique au vu la situation: «La législation en vigueur (notamment sur l’alcool) sera respectée au cours de la soirée.»

Conscient de la bourde, le président des Jeunes UMP, Benjamin Lancar, s’est expliqué sur son blog en déclarant que «oui, les Jeunes Pops’ [le surnom des Jeunes UMP, ndlr] font la fête!». «Et heureusement, d'ailleurs, que contrairement à l'image de "jeunes vieux" qu'on a bien souvent voulu donner aux jeunes de la droite et du centre, notre mouvement a une identité, une convivialité, un réel esprit de bon humeur et de fête.»

Mais Benjamin Lancar n’oublie pas de tenter de recoller les morceaux avec Roselyne Bachelot: «Ce qui ne nous empêche pas - bien au contraire - de soutenir Roselyne Bachelot et les mesures qu'elle présente pour lutter contre l'alcoolisme des jeunes et les problèmes de santé publique. Qu'il ne faut pas, j'aimerais le rappeler, prendre à la légère.»

Citant une disposition du projet de loi Bachelot (interdiction de la vente d’alcool dans les stations-service la nuit), Benjamin Lancar oublie dans son plaidoyer les deux dispositions phare du projet: l’interdiction des «open-bar» et de la vente aux moins de 18 ans. On se demande pourquoi.