Les médecins parisiens veulent sauver l'hôpital public

SANTE L'appel des 25, lancé par des professeurs des hôpitaux de Paris, dénonce le volet hospitalier de la loi Hôpital, patients santé et territoires...

Julien Ménielle

— 

Un enfant de trois ans est décédé mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (XIVe), victime d'une erreur de médicament administré par une infirmière qui a reconnu s'être trompée.
Un enfant de trois ans est décédé mercredi soir à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (XIVe), victime d'une erreur de médicament administré par une infirmière qui a reconnu s'être trompée. — Bertrand Guay AFP/Archives

Ils se mobilisent pour sauver l'hôpital public. Vingt-cinq grands professeurs des hôpitaux de Paris (AP-HP) ont co-signé un appel, publié ce jeudi par le «Nouvel Observateur» dénonçant une loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) «destructrice et injuste». L'objet de leur courroux: les pleins pouvoirs promis aux directeurs d'hôpitaux, et la nouvelle préoccupation du ministère qui «n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital».

«Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité», dénonce le texte. Un refus de l'hôpital-entreprise sans doute exacerbé, mais l'«appel des 25» ne le précise pas, par la menace que la loi fait peser sur l'institution hospitalière parisienne. Un amendement UMP propose en effet de supprimer le statut particulier de l'AP-HP lui assurant une certaine indépendance.

Les 25 «espèrent que l'ensemble des collègues de province se mobilise à son tour»

«Nous en parlons un peu entre nous», admet le professeur Patrick Niaudet, pédiatre à l'hôpital Necker et co-signataire du texte. Il tient cependant à préciser à 20minutes.fr que «l'appel n'a pas vocation à défendre la position de l'AP-HP», et que ses confrères et lui-même «espèrent que l'ensemble des collègues de province se mobilise à son tour».

Les professeurs parisiens brandissent une menace: «Si cette loi n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous.» Patrick Niaudet évoque les modes d'actions potentiels: refus de participer aux réunions, application à la lettre des 35h, grève administrative, voire «démission des chefs de pôles».

Manifestation le 28 avril

Adoptée par l'Assemblée nationale le 18 mars dernier, la loi HPST sera discuté en séance publique au Sénat du 11 au 20 mai prochain. «Nous avons de bonnes raisons de penser que les sénateurs ne laisseront pas les choses se passer», estime le professeur Niaudet, confiant.

D'ici là, médecins et personnels de l'AP-HP se donnent rendez-vous dans la rue, le 28 avril, pour une manifestation contre la réforme de l'hôpital.

>>> Et vous, qu'en pensez-vous? Les hôpitaux doivent-ils être rentables? Venez en débattre en cliquant ici