Caterpillar: les salariés bloquent les représentants du CE

SOCIAL La tension monte à Echirolles, où des policiers ont déjà été déployés ce jeudi matin devant l'usine...

Avec agence.

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L'intersyndicale FO-CFDT-CGT-CFTC de Caterpillar France (engins de chantier) a lancé mercredi un appel à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens afin de soutenir l'entreprise visée par 733 suppressions d'emplois.
L'intersyndicale FO-CFDT-CGT-CFTC de Caterpillar France (engins de chantier) a lancé mercredi un appel à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens afin de soutenir l'entreprise visée par 733 suppressions d'emplois. — Jean-Pierre Clatot AFP

Une centaine de salariés a empêché les représentants du comité d'entreprise d'entrer à la Direction départementale du travail (DDT), où ils devaient négocier les termes du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), dont les salariés des sites isérois font l'objet. Les protestataires, qui criaient «rentrez chez vous», contestent notamment le montant des indemnités proposées.

Ce jeudi matin, une quinzaine de policiers casqués et porteurs de matraques se sont déployés devant le site du constructeur américain d'engins de chantiers Caterpillar à Echirolles (Isère), devant lequel des salariés ont passé la nuit dans des tentes. «Les accès aux entreprises ont été à plusieurs reprises entravés. Il s'agit de faire respecter le droit des salariés à aller travailler», a expliqué la direction qui a déposé mercredi un référé devant le TGI de Grenoble.

L'intersyndicale a déploré cette décision qui «relève d'une politique patronale d'un autre âge», soulignant «l'attitude arrogante» de la direction du groupe. Neuf salariés, dont deux élus du comité d'entreprise, sont par ailleurs assignés ce jeudi à 14h devant le tribunal de grande instance (TGI) de Grenoble pour «entrave à la liberté de travailler».

Les salariés veulent «maintenir la pression»


Signe de la tension entre salariés et direction, la fin des négociations du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), annoncée pour ce jeudi, a été repoussée au 22 avril. Les salariés veulent maintenir la pression sur leurs dirigeants à l'approche de la fin des négociations du plan social, sans avoir forcément recours de nouveau à la séquestration. «On a une direction butée. On cherche maintenant les moyens de pression pour les faire plier», met en garde Nicolas Benoit, délégué CGT et membre du comité d'entreprise.

«On a eu des avancées dans la semaine, mais on reste avec 400 licenciements secs (soit 600 départs en tout, avec notamment les retraites anticipées), ce qui est inadmissible», explique le syndicaliste, faisant le bilan d'un conflit qui a culminé avec les séquestrations. Un signe d'espoir est venu de l'Europe: les salariés devraient bénéficier du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation, selon le député européen Vincent Peillon, tête de liste socialiste le Sud-Est aux élections européennes.