Le policier victime de discrimination pourra se représenter au concours d'officier

DECISION Recalé, ce candidat musulman a obtenu gain de cause auprès du Conseil d'Etat après un oral où la question religieuse était omniprésente...

J.M.

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Trois personnes ont été interpellées mardi matin et sont actuellement en garde à vue dans le cadre de la disparition début mars de deux hommes vivant en couple dans un village du Cher, a-t-on appris de source proche de l'enquête.
Trois personnes ont été interpellées mardi matin et sont actuellement en garde à vue dans le cadre de la disparition début mars de deux hommes vivant en couple dans un village du Cher, a-t-on appris de source proche de l'enquête. — AFP/Archives

Abdeljalel El Haddioui pourra se représenter au concours d'officier de la police nationale. Le ministère de l'Intérieur a annoncé ce jeudi que l'arrêt du Conseil d'Etat «ne remet pas en cause la validation du concours 2007 d'officier de police pour les candidats ayant été admis», mais «ouvre droit à une prestation supplémentaire pour M. El Haddioui».

Le Conseil d'Etat a en effet annulé les résultats du concours interne des officiers de police 2007 pour cause de discrimination. A l'origine de cette décision, présentée comme «une première» par l'un des membres du Conseil d'Etat cité par France Info, la plainte d'Abdeljalel El Haddioui, candidat malheureux, qui accuse le jury de l'avoir écarté en raison de sa religion.

Des instructions transmises suite aux recommandations de la Halde

«On m'a volé cet entretien, on m'a dit: "Monsieur, on ne veut pas de vous parce que vous êtes musulman"», explique-t-il. L'homme, seul des 50 candidats à porter un nom et un prénom à consonance maghrébine, raconte l'insistance du jury sur la question de ses origines et de sa religion. «Est-ce que votre femme porte le voile?», lui aurait même demandé une commissaire.

Au bout du compte, le policier récoltera un 4/20 à l'oral. S'estimant victime d'une injustice, il saisira la Halde et le Conseil d’Etat pour discrimination raciale à l’embauche.

«A la suite des recommandations de la Halde, la ministre avait donné au mois de juillet 2008 des instructions au secrétariat général du ministère et à la direction générale de la police nationale sur la prohibition, lors de concours, de questions portant directement ou indirectement sur des critères susceptibles d'entraîner une discrimination», assure l'Intérieur dans un communiqué. Elle a, depuis, «renouvelé ses instructions (...) car toute discrimination est contraire aux valeurs républicaines et n'a pas sa place dans un Etat de droit».