Le RSA risque d'avoir peu d'effets sur l'emploi

SOCIAL Cette étude de la Drees est contesté par l'entourage de Martin Hirsch, le promoteur du Revenu de solidarité active...

Avec agence

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De nombreuses familles ignorent qu'elles peuvent recevoir une aide dans le cadre du Revenu de solidarité active (RSA), a estimé vendredi à Toulouse le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch.
De nombreuses familles ignorent qu'elles peuvent recevoir une aide dans le cadre du Revenu de solidarité active (RSA), a estimé vendredi à Toulouse le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch. — Michel Gangne AFP/Archives
Le Revenu de solidarité active (RSA), qui doit entrer en vigueur le 1er juin, pourrait n'avoir que peu d'effets sur le retour ou le maintien dans l'emploi des futurs allocataires, selon une étude portant sur les zones où le RSA a été expérimenté. L'équipe de Martin Hirsch a estimé que cette étude n'était pas significative.

Dans le document de travail dont font état mercredi «Les Echos», deux chercheurs de la Drees (direction des études des ministères sociaux) ont comparé les parcours professionnels de 2.900 personnes - bénéficiaires ou anciens bénéficiaires du RMI - dans les zones où le RSA a été expérimenté (zones tests) et dans les zones où il n'a pas été testé (zones témoins).

Différence très faible

Ainsi, parmi les personnes qui étaient sans emploi avant le début des expérimentations, 19,1% ont commencé à occuper un emploi au cours des expérimentations en zones tests contre 17,6% en zones témoins, selon cette étude.

Certes, «les taux sont légèrement plus élevés en zones tests qu’en zones témoins, mais les différences ne sont pas significatives au regard de la taille de l’échantillon et de l’ampleur des différences», commentent les auteurs.

L'entourage de Hirsch conteste


«On ne peut pas du tout tirer de conclusion de cette enquête pour savoir si le retour à l'emploi est plus élevé ou pas» avec le RSA, car elle ne porte pas sur «un échantillon représentatif» de bénéficiaires, a-t-on estimé dans l'entourage du Haut commissaire Martin Hirsch.

«Elle n'est absolument pas exhaustive, d'ailleurs ce n'est pas son objectif», a-t-on ajouté. Cette étude fait partie d'un plus large dispositif d'évaluation des expérimentations du RSA, selon la même source, précisant que le Comité d'évaluation du RSA remettrait un rapport fin mai.

Selon les données déjà publiées du Comité qui se fondent notamment sur les chiffres des Caisses d'allocations familiales, le taux de retour à l'emploi est de 30% supérieur en zone où est testé le RSA.

Effets variables selon les profils


L'étude de la Drees, menée en mai-juin 2008, relève aussi que les effets du RSA sont variables selon le «profil» des bénéficiaires (situation familiale ou diplôme). Ainsi, 22% des personnes seules (sans conjoint ni enfant) sans emploi avant les expérimentations, ont occupé un emploi au cours de la période étudiée en zones bénéficiant du RSA, contre 17% dans celles avec le seul RMI, selon l'enquête

Entré officiellement en vigueur le 1er juin, le RSA remplacera le RMI à compter du 6 juillet. Son montant mensuel sera identique au RMI (454,63 euros pour un célibataire) pour ceux qui sont sans emploi et consistera en un complément de revenu (100 à 200 euros par mois) pour les plus bas salaires. Il garantit aux bénéficiaires de minima sociaux qu'ils ne perdront pas un euro s'ils reprennent un emploi.