Près de 2.000 prisonniers français à l'étranger aussi «otages» de la diplomatie et des médias

JUSTICE Il n'y a pas que Florence Cassez... La plupart des Français détenus à l'étranger le sont pour trafic de drogue, selon le Quai d'Orsay...

V. V.

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Michaël Blanc à Bali, Salah Hamouri en Israël, Florence Cassez au Mexique... Des arbres qui cachent une forêt. Selon le Quai d'Orsay, 1.950 Français sont aujourd'hui emprisonnés à l'étranger. «Essentiellement dans des pays limitrophes de la France [Espagne et Maroc, notamment]. La majorité pour trafic de drogue», indique ainsi un porte-parole du Quai d'Orsay.

«Le président de tous les Français»

Officiellement, l'Elysée apporte son soutien à chaque ressortissant (lire ici). Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs rappelé à Mexico: «Je suis le président de tous les Français, y compris ceux qui ont fait des erreurs.»

En fait, tout dépend du type d'erreur. Par exemple, le trafic de drogue, avéré ou non, n'a pas bonne réputation à l'Elysée, selon nos informations. Cela tient aussi et surtout à la pression médiatique. «Les droits de l'homme ont été inscrits comme une priorité dès l'élection de Nicolas Sarkozy, rappelle Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Or, il ne fait que suivre les médias...»

>>> Tous nos articles sur Florence Cassez

Florence Cassez en est la plus belle illustration. Elle a été ignorée durant sa première année de détention, avant de s'attacher les services de Frank Berton, un ténor du barreau. «L'affaire est montée dans les journaux. On était obligés de bouger», reconnaît un conseiller de l'Elysée, qui avoue que le flou juridique mexicain a fini de le persuader: «En France, un tel dossier n'aurait pas eu 10% de risques d'aboutir à une condamnation...»

Numéro d'équilibriste

Sauf que l'Elysée ne peut pas se permettre de critiquer ouvertement les décisions de justice de ses partenaires internationaux. Un vrai numéro d'équilibriste, résumé par le discours du président Français au Mexique. «Ce pays est une grande démocratie, il faut respecter sa décision», a-t-il indiqué au sujet de la double condamnation de Florence Cassez. Avant de lâcher, un quart d'heure plus tard: «Mais je ne sais pas si elle est coupable ou innocente...»