Il a tué sa femme et ses enfants: le policier a été interpellé

FAIT DIVERS L'homme, âgé de 42 ans, est décrit comme un homme sans histoire...

Mathieu Grégoire (avec agence)

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Des gendarmes masquent d'un drap blanc, le 14 avril 2009 à Cabanac, un brancard transportant le corps d'une des victimes, l'épouse et les deux des enfants tués la nuit précédente par leur mari et père, un policier. Thierry Gourjault, 42 ans, a ensuite pris la fuite.
Des gendarmes masquent d'un drap blanc, le 14 avril 2009 à Cabanac, un brancard transportant le corps d'une des victimes, l'épouse et les deux des enfants tués la nuit précédente par leur mari et père, un policier. Thierry Gourjault, 42 ans, a ensuite pris la fuite. — ERIC CABANIS / AFP
Cabanac, village ensanglanté. Ce hameau paisible de 285 habitants, près de Tarbes (Hautes-Pyrénées), a été le théâtre d'un triple meurtre. C'est là que Thierry Gourjault, 42 ans, a tiré sur son épouse, Béatrice, 38 ans, l'enfant du couple, un garçon de 4 ans, et sa fille d'un premier mariage, âgée de 10 ans, a précisé l'adjoint au maire de Cabanac, Henri Desconet, avant de prendre la fuite dans sa voiture. C'est là qu'il a été interpellé en début de soirée mardi, avant de succomber, ce mercredi matin, à ses blessures.

D'importantes forces de gendarmerie avaient été déployées près de Lannemezan, où avait été repérée un peu plus tôt son véhicule. Un hélicoptère et plusieurs chiens ont participé aux recherches près du château de Mauvezin. «On essaie de localiser ce monsieur, nous avons eu la preuve encore cet après-midi qu'il était en vie», avait expliqué en fin d'après-midi le procureur de la République de Tarbes, Gérard Aldigé, lors d'une conférence de presse.

Thierry Gourjault, brigadier au commissariat central de Tarbes et conseiller municipal de Cabanac, a tué les trois personnes lundi soir ou dans la nuit, et a laissé une note indiquant qu'il souhaitait mettre fin à ses jours, a-t-on appris de même source. Le meurtre a été découvert par le père du meurtrier présumé, prévenu par un collègue de Thierry Gourjault qui avait reçu un SMS du policier lui annonçant qu'il avait commis «un acte irréparable».

«Agréable et serviable»

A Cabanac, c'est la stupéfaction. «Pardonnez-moi l'expression, mais on est sur le cul», confie un ancien du village à 20minutes.fr. Léon Kudla, conseiller municipal comme Gourjault, avait appris à connaître un homme sans histoire et parfaitement intégré: «Il est arrivé ici fin 2007. On a fait connaissance au conseil municipal, qu'il a rejoint en mars 2008, après les dernières élections. Il est agréable, serviable. Alors, ce n'est pas le genre à prendre la parole devant tout le monde en réunion, mais quand on discute, il est affable. La semaine dernière, on était encore côte à côte dans la salle. Il était de service de nuit à Tarbes (20h50 à 4h50, ndlr), ce qui était une contrainte pour ses autres activités, mais dès qu'on avait besoin d'un coup de main le week-end, pour préparer une fête par exemple, il était disponible.»

Léon Kudla s'était déjà rendu pour l'apéro dans le petit pavillon de plain-pied située à quelques centaines de mètres de l'entrée du village. «Si ça gueulait à la maison, on l'aurait su... Il n'avait pas l'air déprimé. Nous sommes tous surpris d'un tel drame, rien ne le laissait présager.»

«Aucun signe avant-coureur»

Très sportif, Gourjault aimait la course à pied avec ses collègues. Il était aussi un adhérent de la section locale du syndicat de la police nationale Alliance. «Il est reconnu par l'ensemble de ses collègues, de sa hiérarchie, nous explique Eric Argence délégué de l'organisation pour les Hautes-Pyrénées. C'est quelqu'un de sympa, d'accueillant. Parfois, quand certains craquent, on n'est pas étonné, ils étaient plus ou moins aigris, il y avait des signes avant-coureurs. Pas lui. Il était apprécié, c'était un gradé qui savait ce qu'il faisait, il n'avait jamais eu d'histoires en vingt ans de boutique.»

Membre des CRS de Lannemezan jusqu'en septembre 2008, Gourjault était alors adjoint du délégué de la compagnie. «Il était investi, impliqué, ces derniers temps, il voulait retrouver des responsabilités au syndicat. Ce n'était pas un fêtard, un bringueur», complète Argence, dépité.