Heuliez devrait être placé en redressement judiciaire

SOCIAL Le constructeur éviterait la liquidation et gagnerait six mois pour chercher des financements...

A.P.-V. (Avec agence)

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Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a annoncé mercredi à Cerizay (Deux-Sèvres) aux salariés de l'équipementier Heuliez, menacé de cessation de paiement en avril, que "l'Etat est là" pour aider l'entreprise mais que "la situation est difficile".
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a annoncé mercredi à Cerizay (Deux-Sèvres) aux salariés de l'équipementier Heuliez, menacé de cessation de paiement en avril, que "l'Etat est là" pour aider l'entreprise mais que "la situation est difficile". — Frank Perry AFP

Heuliez et les 2.000 emplois qui dépendent du constructeur sont suspendus à la décision du tribunal de commerce de Niort, qui rendra sa décision demain mercredi à 11 heures. «Le premier sentiment est qu'il n'y aura pas de liquidation judiciaire, a souligné Claude Point, syndicaliste CFDT, mardi à l'issue de l'audience d'une heure et demie du tribunal. Toutes les parties sont d'accord pour demander un redressement judiciaire. Il semble acquis que le tribunal se prononcera mercredi pour un redressement avec une période d'observation qui reste à déterminer mais pourrait être de six mois», a-t-il ajouté. «Ces six mois vont nous donner le temps de boucler le tour de table», a estimé Emile Brégeon, autre délégué CFDT de l'entreprise. Une période qui laisserait le temps à l'entreprise de réunir les 45 millions d’euros nécessaires pour se relancer.

Plus d'un millier de personnes, avec à leur tête la présidente PS de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal, ont manifesté mardi leur soutien aux salariés d'Heuliez dans les rue de Niort en marge de l'audience du tribunal de commerce.
«Ce sera une situation douloureuse, mais plus favorable qu'une liquidation judiciaire, synonyme de mort. Un redressement judiciaire peut amener des investisseurs, des repreneurs. Et l'activité continue», souligne Michel Boureau, délégué CFE-CGC.

«Construire un nouvel Heuliez»

L'ancienne candidate à la présidentielle a lancé pendant la manifestation : «Devant un marché industriel mondial comme celui de la voiture électrique, il faut que les entreprises françaises se serrent les coudes.» Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, s'est félicité mardi de la réquisition du parquet. Selon lui, «les contacts que le gouvernement a pris depuis deux mois avec des industriels ont déjà permis d'obtenir un partenariat avec EDF. Mais la période de redressement judiciaire, si elle est confirmée demain, peut ouvrir de nouvelles opportunités», a-t-il ajouté. Pour le porte-parole du gouvernement, «avec le redressement judiciaire, c'est un nouvel Heuliez que nous pourrons construire».

En effet, l’avenir d’Heuliez dépend en grande partie du développement d’un projet de véhicule électrique. Les salariés ont été réconfortés par le soutien de l’Etat, qui s’est engagé à verser 10 millions d’euros via le Fonds stratégique d’investissement, un soutien justifié par «les perspectives industrielles intéressantes» du projet. L'Etat a aussi demandé à EDF de nouer un accord avec le carrossier à hauteur de 5 millions d'euros afin de lui apporter son savoir-faire en matière de batteries électriques.

«Le climat s’est amélioré»

Le plus gros employeur des Deux-Sèvres compte également avec la promesse de 5 millions d’euros de la région Poitou-Charente, présidée par Ségolène Royal, ancienne députée des Deux-Sèvres. La région a annoncé qu'elle était prête à acheter 100 des futurs véhicules électriques. «La voiture électrique grand public existe. Arrêtons de tergiverser. On n'a pas le droit de couler une telle entreprise», a déclaré l’ancienne candidate à la présidentielle, en visite dans l’usine le 25 mars dernier.

«Les choses ont évolué. Le climat n'est pas le même qu'il y a dix jours», note Claude Point, délégué CFDT, le syndicat majoritaire. L'équipementier bénéficie depuis octobre 2007 d'une procédure de sauvegarde, mais sa situation ne s'est pas améliorée depuis. Propriété de la famille Queveau, le groupe Heuliez a produit 450.000 véhicules depuis 1985, notamment des versions cabriolet de modèles Peugeot et Citroën. Il ne fabrique plus actuellement qu'une vingtaine d'exemplaires du coupé-cabriolet Opel Tigra par jour -un modèle qui doit être arrêté en juillet- contre une centaine il y a deux ans.